Bande d’hypocrites

Avec le soutien de

Il est grand temps d’arrêter de se voiler la face et d’appeler un chat un chat. L’intérêt général se doit de primer sur certains intérêts claniques et autres porte-parole autoproclamés. Mercredi, à la suite de la publication d’un reportage sur un groupe de pèlerins en route vers le Grand-Bassin, qui fumait du gandia, un correspondant, au ton menaçant, appelle la rédaction et cherche à connaître le nom et le prénom derrière les initiales au bas de l’article. Devant notre refus, on nous promet des représailles. L’objectif est clair : établir l’identité de l’auteur de l’article afin d’étayer le discours anti-l’express, qui sera propagé le lendemain, et peut-être bientôt placardé sur les murs. Nous en avons l’habitude désormais.

Face aux journalistes, hier, il fallait les voir ces pyromanes de la presse libre. Plusieurs des groupes socioculturels, qui normalement se battent entre eux pour soutenir soit Pravind Jugnauth ou Navin Ramgoolam, des fois les deux en même temps, avaient une cible commune : l’express. Ce n’est pas la première fois que nous faisons l’objet d’une campagne de dénigrement des groupuscules comme la Voice of Hindu, ou d’individus du même acabit que Dulthumun. De par leurs discours sectaires, ils sont un obstacle au mauricianisme. Du coup, ils sont nos adversaires idéologiques. Et c’est tout à fait normal qu’on ne voie pas les choses de la même façon.

Alors que notre dernier éditorial, Le pèlerin e(s)t Dieu, vantait les mérites de la quête intérieure des pèlerins, les socioculturels d’hier ont choisi de taire ce papier (qui était en soi un antidote au poison qu’ils allaient distiller) afin de se focaliser sur un aspect de notre reportage publié mercredi, en l’occurrence le titre, et non pas le texte lui-même. S’ils avaient lu l’article, ils auraient compris que l’angle de l’article était de souligner que la consommation du gandia est bien moins dangereuse que les drogues synthétiques qui déciment notre jeunesse, indépendamment du groupe ethnique ou du lieu de résidence. D’ailleurs notre position sur le sujet est connue depuis plusieurs années déjà. Selon nous, il faudrait de manière dépassionnée discuter d’une légalisation du cannabis (comme cela se fait aux States). Ce serait un basculement politique audacieux.

Un basculement, somme toute, intelligent aussi, qui solutionnerait plusieurs de nos problèmes actuels provoqués par la montée en puissance du cannabis synthétique, fabriqué n’importe comment et qui met en péril la vie de nos jeunes. Aujourd’hui, la vérité c’est que le «synthetic powder» a déjà remplacé le romantique «flower power» ou le gandia naturel.

On l’avait écrit en 2013 : en faisant la promotion de la culture du cannabis, on pourrait créer de nouveaux emplois, attirer des touristes et faire rentrer des devises dans les caisses de l’État comme dans celles du secteur privé. En ces temps de changement climatique, on amorcerait aussi un important retour à la terre, en faisant pousser des plantes au lieu de bétonner tout Maurice. Mais en écoutant les socioculturels, ou en leur accordant de l’importance, comme le font, à tort, Ramgoolam ou Jugnauth, on ne progressera jamais. La nation restera toujours en construction. Et exposée aux marchands de la mort.

Pour notre part, nous préférons écouter et discuter avec des travailleurs sociaux, qui ont une vraie connaissance du terrain, et qui regardent les choses en face, au lieu d’avoir affaire à des socioculturels qui ne parlent que pour eux, sans penser au pays. En plus ils détournent tout : alors que la VoH elle-même nous avait mis sur la piste des jus contaminés et que nous avons, après vérification, publié des textes y relatifs, ne voilà-t-il pas que dans leur diatribe contre nous, ils prétendent que nous n’avons pas évoqué cette grave affaire. Archi-faux !

D’ailleurs plusieurs travailleurs sociaux soutiennent notre cause, Sintetik, pena nisa ladan !, tout comme ils ont été nombreux à saluer, comme nous, la récente initiative du ministre Soodesh Callichurn de mener un combat national contre les drogues synthétiques. En page 8, Roshi Bhadain a, lui aussi, compris l’urgence du problème que posent les drogues synthétiques. Alors que notre jeunesse meurt à petit feu à chaque joint synthétique, des socioculturels, aux esprits retors et étriqués, veulent, encore une fois, tenter de mettre le feu à leur poudre communale. Et à notre journal.

Tout cela pour quelques taffes de gandia... quelle hypocrisie !

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