Consternation !

Avec le soutien de
Rashid Imrith (en haut) et Narendranath Gopee (en bas).

Consternation !
Les syndicalistes Rashid Imrith et Narendranath Gopee réagissent contre les embouteillages causés par les travaux publics et trouvent respectivement, dans leur stupéfiante sagesse, que «les employés ne peuvent faire les frais d’un projet du gouvernement» et que le flexitime n’est pas acceptable parce que si c’est vrai que l’employé arrivera au travail plus tard, on ne peut le pénaliser en le faisant «rentrer plus tard le soir» ! Pour faire bonne mesure, M. Imrith reproche même au gouvernement de n’avoir pas tenu compte de l’impact social de ce projet, puisqu’il est clair, selon lui, que plus stressés, les gens seront désormais «plus violents chez eux comme au travail» !

Photo aérienne du rond-point du Caudan pendant les déviations, le mardi 6 février 2018, 
Daren Mauree.

Pas facile de faire du développement désormais ! Doit-on déduire que les employés sont partants pour les bénéfices découlant d’un projet du gouvernement, mais pas de ses frais ? Ça promet ! Par contre, parions que ces mêmes personnes qui arrivent en retard à cause des embouteillages, trouveront moyen de les éviter s’il fallait être à l’heure pour toucher quelque bonus ou pour prendre l’avion, par exemple ?

(en haut) Le prince Mohammed ben Salmane Al Saoud, prince héritier et vice-Premier ministre d’Arabie saoudite depuis le 23 juin 2017. 
(en bas) La piscine interne du Ritz Carlton de Riyad.

Consternation !
On annonçait, cette semaine, en Arabie saoudite, que la vague d’arrestation de princes et d’hommes d’affaires sous des accusations de corruption avait généré… 107 milliards de dollars pour les caisses de l’État ! Nous parlons de 3,745 milliards de nos roupies, soit huit fois et demie notre produit intérieur brut, soit presque 30 fois notre budget national ! Il ne s’agit là que de la part concédée à partir des fortunes de ceux qui ont été arrêtés par le prince Bin Salman, après quelques semaines de réflexion en «prison» au Ritz Carlton de Riyad.

(à g.) Salvator Mundi de Léonard de Vinci (le «Sauveur du monde», en latin) est une peinture à l’huile sur bois de noyer, sur le thème du Christ rédempteur. (à dr.) Le Château Louis XIV construit entre 2008 et 2011 sur la commune de Louveciennes dans les Yvelines, Patrice Diaz - Own work, CC BY-SA 3.0.

Notons que le prince lui-même aurait acheté, il y a deux ans, selon le NewYork Times, le château dit Louis XIV de Louveciennes, la maison la plus chère du monde, pour Rs 11 milliards. Son yacht, qui emploie 52 personnes en permanence, vaut, quant à lui, Rs 17 milliards. Par contre, ce n’est pas lui qui aurait acheté le «Salvator Mundi» de Leonardo da Vinci à Rs 16 milliards ?

Consternation !
Un contrat de Rs 3,5 milliards pour décongestionner les routes grâce à l’autopont de Pont Fer-Jumbo-Dowlut et grâce au pont reliant Coromandel à Sorèze est bloqué devant un tribunal. Pourquoi ? Parce que, apparemment, l’Independent Review Panel a annulé la décision du Central Procurement Board (CPB) au motif que le certificat d’incorporation du consortium a été déposé avec retard. Or, ce certificat, demandé le 13 décembre par le CPB, aurait été déposé le lendemain…

Démolition pour le tracé du Metro Express, Caudan, Krishna Pather, 24 mai 2017.

Notons que le consortium gagnant, Transinvest- GCC-Bouygues, avait coté Rs 3,5 milliards contre Rs 3,3 milliards du consortium CRBC (Chine)- Gamma, mais avait gagné le contrat grâce à la «marge de préférence» légalement sanctionnée, qui favorise une compagnie employant 80 % et plus de Mauriciens pour tout contrat, même si son offre est plus chère par jusqu’à 15 %. De toute façon, que peut donc peser un débat sur la présentation d’un certificat d’incorporation face aux conséquences des retards qui s’accumulent sur les chantiers et, surtout, les emplois de nos compatriotes ?

Consternation !


Onze noyés depuis le 1er janvier ! Dans une île (vérité de La Palice !) entourée d’eau ! Le 28 janvier, dans ces mêmes colonnes, nous suggérions qu’il était ridicule de tenter de réduire les risques de perte de vie lors de fortes averses en fermant les écoles, puis le service civil, voire le pays en entier (au motif de ne pas discriminer entre «travailleurs») sur la base d’une élève noyée en 2008… Il était suggéré que ce «raisonnement» plutôt court, devrait, par extension, nous mener à garder tous nos véhicules au garage à chaque fois qu’il y a un mort sur nos routes ! Selon la même «logique», il faudrait désormais bloquer aussi l’accès à nos plages à chaque fois qu’il y a un noyé… Vu, maintenant ?

Robert Mugabe, né le 21 février 1924 à Kutama, en Rhodésie du Sud (actuel Zimbabwe), est un homme d’État zimbabwéen, Premier ministre de 1980 à 1987 et président de la République de 1987 à 2017, wikicommons.

Consternation !
La grande réforme agraire du Zimbabwe va être renversée ! Du moins, en partie. On se souvient que 42 % des terres étaient détenues à l’Indépendance par environ 6 000 fermiers blancs. À partir de l’an 2000, sous la pression d'anciens combattants et des syndicats, 90 % de ces fermes sont saisies en trois ans. Un reportage intéressant de Jeune Afrique, daté du 12/09/2016, indique que la réforme, contrairement à l’opinion établie, est plutôt une réussite pour les petites exploitations de cinq à 20 hectares. C’est au-delà que les repreneurs se cassent les dents, n’ayant ni les moyens, ni les compétences requises. Aujourd’hui, Mugabe écarté, l’État va inviter les fermiers blancs à revenir sur les grosses exploitations, avec des baux de 99 ans au lieu des baux iniques de cinq ans pratiqués du temps de Mugabe et qui ne trouvaient pas preneurs, de toute manière... On parle même de compensations pour les saisies du passé !

Comme quoi, même les meilleures intentions ne suffisent pas toujours à elles seules...

(De g. à dr.) José Eduardo dos Santos, ex-président de la République d’Angola, 10 septembre 1979 – 26 septembre 2017, Par Fabio Rodrigues Pozzebom/Agência Brasil — Agência Brasil, CC BY 3.0 br. 
Emmerson Mnangagwa, président du Zimbabwe depuis le 24 novembre 2017, AFP. 
Cyril Ramaphosa, leader du parti sud-africain ANC depuis le 19 decembre 2017, AFP.


Consternation !
Trois pays de notre région, changent leurs leaders, longtemps considérés comme irremplaçables ! L’Angola, affranchi de Dos Santos, semble vouloir se libérer aussi des despotes qui parasitaient son système ; le Zimbabwe s’est enfin séparé de Mugabe – au risque que son successeur issu du même terreau, ne fasse éventuellement pareil, si le succès n’est pas au rendez-vous après avoir tenté quelques réformes et ouvertures, et l'Afrique du Sud, après avoir choisi Ramaphosa plutôt que l’ex-épouse de Zuma à la tête de l’ANC, semble être en route pour débarquer Jacob Zuma.

Trois pays ou on se libère du rassis inefficace pour essayer du neuf ! À quand notre tour ?

Consternation !
Le sondage Straconsult (Afro baromètre) de 1 200 citoyens mauriciens en octobre 2017, révèle une baisse de confiance inquiétante, mais peutêtre pas surprenante, dans notre démocratie et ses institutions.

Ainsi, si 68 % des citoyens considèrent que le pays est une démocratie, seulement 51 % sont satisfaits de la manière dont il opère, une chute matérielle de 66 % enregistrés en 2014. De plus, les citoyens se sentent de moins en moins à l’aise pour parler de leur point de vue politique (71%), une augmentation de 14 points depuis 2014. La confiance de la population en son leadership politique n’est pas au mieux non plus. Seuls 23 % font confiance, un peu ou beaucoup, à l’opposition et seuls 24 % font confiance aux partis au pouvoir. Les chiffres équivalents pour le Parlement (27 %), le PM (27 %), les autorités locales (29 %) et la présidence ( 31 %) ne permettent pas de claironner d’aucune manière. Leur «performance au travail» est, cependant, de manière inexpliquée, jugée meilleure par entre 12 et 21 points !

Commission électorale.

Quant aux institutions, après des années d’interventionnisme politique, il n’est, peut-être, pas étonnant de voir que la confiance en elles est en chute libre, y compris quand il y a peu ou pas de raisons objectives de le croire, comme dans le cas du judiciaire et surtout de la commission électorale qui semblent bien pris, malgré eux, dans la vague du désamour.
Consternant !

À quand le grand réveil ?

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