Eau secours (encore) !

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Nous sommes à l’aube de nos 50 ans, le métro est en chantier accéléré, et les villes intelligentes pousseraient bientôt comme des champignons, mais...il suffit d’une forte pluie pour nous paralyser. Depuis les Flash Floods de triste mémoire (2013), personne ne veut prendre des risques, alors, comme un seul homme, le pays en entier, même ses régions les plus ensoleillées, s’accorde un jour de repos, au chaud à la maison, sans penser travailler à distance. Puis réalisant que le soleil refait son apparition, et que notre météo peut s’avérer aussi fiable qu’Afzal Goodur, et qu’un jour d’inactivité économique nous coûte Rs 1 milliard, l’on se ravise, suspend l’alerte et rappelle les troupes. À 11 heures pour 12 h 30. Bien évidemment cela engendre une pagaille digne d’un pays tiers-mondiste !

Si le World Risk Report des Nations unies classe Maurice parmi les 13 pays les plus à risques aux aléas naturels, triste est de constater que certaines mentalités rétrogrades sont encore à des années-lumière en termes de responsiveness ou de preparedness. Chacun à son niveau qui profite de la pagaille doit faire son examen de conscience. Combien d’entre nous profiteront aujourd’hui de ce congé inattendu d’hier pour «jeter» un «pont» (sur les eaux accumulées) pour ne reprendre le travail que lundi ? Combien d’autres encore attendent le mois de février pour vraiment songer à travailler en ce début 2018... Il s’agit ici d’une mentalité individuelle à améliorer; il ne s’agit pas forcément de celle de nos autorités.

À travers la planète, les aléas, comme les inondations et les glissements de terrain, frappent tout le monde. De même, les infrastructures publiques et les communications officielles entourant la dégradation de celles-ci ne doivent pas avoir d’agenda politicien.

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Au train où vont les choses, au lieu de devenir une nation productive et compétitive, nous risquons surtout de devenir un pays de paperassiers et d’inactifs. Ainsi après le «protocolebiscuits», c’est désormais, nous rassure-ton, le «protocole-pluies torrentielles» qui sera revu...

Il ne faudrait pas qu’on se contente d’être réactif mais proactif. Si l’express n’avait pas révélé, en février 2015, qu’une colline était en train de s’affaisser entre Ripailles et Valton, le gouvernement n’aurait sans doute pas spontanément révélé aux contribuables que la situation sur la route Terre-Rouge–Verdun s’aggravait de jour en jour ? Lors de l’apparition des premières fissures sur cette route (qui faisait la fierté du tandem Ramgoolam-Bachoo), le gouvernement Lepep avait été prompt à communiquer – afin surtout de jeter le blâme sur le précédent régime. Or désormais, l’on sent, après les multiples déclarations de Nando Bodha, une certaine réticence à éclairer tous les dessous de ce scandale qui éclabousse les services gouvernementaux dans leur ensemble. Entre-temps, les fissures qu’on rafistolait jadis avec un tube de silicone se transforment en crevasses et rivière, susceptibles d’engloutir nos maigres finances publiques !

Au fond, le contribuable mauricien s’en fiche si le ministre des Infrastructures publiques s’appelle Anil Bachoo ou Nando Bodha. Ce qu’il veut, ce sont des éléments de réponse à ses questions. Et celles-ci sont nombreuses.

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Les impacts sur la société de la mauvaise planification des travaux publics, ou des dégâts que causent les aléas climatiques aux infrastructures publiques, sont divers. Ils sont souvent classés par type d’impact : économique, social et environnemental. Les impacts économiques comprennent la perte des actifs et l’interruption des activités, ou le retard provoqué par les embouteillages monstres. Quand tous ces éléments sont réunis, la catastrophe peut avoir un impact macroéconomique, par exemple, une baisse du PIB ou un trou mieux creusé à la balance commerciale.

Ceux travaillant sur la réduction des risques financiers liés aux catastrophes (naturelles et climatiques) partent de la logique suivante : si celles-ci sont souvent d’ordre «naturel», parfois humain, les conséquences, elles, sont bien tangibles et économiques.

Pour chiffrer les pertes économiques, il faut considérer plusieurs aspects, notamment l’évaluation budgétaire, l’estimation des risques basée sur les probabilités et l’analyse économique. Tout cela peut aider à des prises de décisions éclairées des autorités.

Trop souvent les politiciens, décideurs et citoyens n’ont pas la connaissance pour interpréter toutes les informations qui tombent. Alors ils se contentent de jeter le blâme sur l’autre. Nous sommes pourtant tous sur le même bateau, et quand il prend l’eau...c’est tout le pays qui coule, au lieu de progresser.

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