Sursaut ?

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Que nous réserve 2018 ? Sera-t-elle meilleure ? Ces questions taraudent plus d’un en cette rentrée. Or, il n’est pas nécessaire de consulter les astres pour comprendre que la seule constante dans la vie, c’est le changement !

Donc, au lieu de jouer aux devins, il serait plus avisé de travailler de manière à façonner notre avenir commun. Quoique tardive en raison du mauvais temps, la reprise des classes, cette semaine, n’est pas sans nous rappeler que l’éducation demeure un puissant outil pouvant nous permettre de (re)modeler notre société.

Dans son message à la nation, le Premier ministre, Pravind Jugnauth, place l’éducation et la formation au cœur des priorités de son gouvernement pour cette année. Il était temps! Toutefois, l’heure n’est plus aux beaux discours, mais à l’action !

Deux études nationales réalisées durant les deux dernières années nous offrent la pleine mesure de la situation. Le déséquilibre entre l’offre et la demande que les différents locataires de l’Hôtel du gouvernement disent vouloir corriger perdure, voire s’accentue. La faute à une approche fragmentaire. Du coup, pour obtenir un emploi à plein temps, la moitié des diplômés patientent entre six mois et trois ans.

L’absence d’une politique intégrée visant à concilier les offres en matière d’éducation et de formation aux besoins du développement national ne fait qu’aggraver les choses. La responsabilité de ceux qui se sont succédé aux affaires est également engagée en raison notamment de cet entêtement à vouloir transformer, le temps d’un mandat, le secteur éducatif en un vaste laboratoire à ciel ouvert afin d’assouvir des intérêts purement électoralistes.

Le chef du gouvernement a du pain sur la planche car le chantier de l’éducation est immense et complexe. Les grincements de dents en cette période de rentrée scolaire témoignent d’un profond malaise à l’égard d’un système qui n’est plus à la hauteur des ambitions du pays. Même les employeurs se plaignent de l’incapacité d’une large frange de notre capital humain à «s’adapter à des situations nouvelles».

Un constat désarmant face à des enjeux qui évoluent à vitesse grand V. Ailleurs également, l’on s’est vite rendu compte de ce changement de paysage. Il ne pouvait en être autrement à l’ère des nouvelles technologies. Celles-ci imposent non seulement de nouveaux défis, mais elles les ont également décuplés.

Aux États-Unis, par exemple, l’on a découvert que 600 000 emplois bien rémunérés dans le domaine de la technologie sont restés vacants en 2015. La Maison-Blanche estime que cette année 51 % des emplois créés seront dans les STIM, soit les sciences, les technologies, l’ingénierie et les mathématiques.

C’est une nouvelle réalité avec laquelle il faudra composer. Toutefois, la course est perdue d’avance si nous continuons à favoriser une approche fragmentée, comme c’est souvent la coutume lorsqu’il s’agit d’aborder des sujets de nature très sensible du point de vue politique. Cet acharnement à vouloir systématiquement éviter de froisser certaines susceptibilités souvent au détriment de l’intérêt national n’est pas si innocent. «Tous les gouvernements depuis 1968 n’ont fait que vouloir gagner des votes». Cet aveu de taille signé Vishnu Lutchmeenaraidoo sonne comme un réveil brutal trois ans après la prise de pouvoir. La repentance est-elle toujours possible à deux ans de la prochaine échéance électorale ? En tout cas, le ministre des Affaires étrangères semble y croire. «Il ne faut jamais chercher à gagner le cœur des Mauriciens, mais plutôt leur respect», dit-il. À bon entendeur !

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