Yogi Kee Chong

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Peut-on dire non à Mother India ? C’est la question que nous nous sommes posée, hier, au sein de la rédaction après avoir reçu l’invitation du haut-commissariat de l’Inde pour une réception en l’honneur du Chief Minister d’Uttar Pradesh, Shri Yogi Adityanath – une personnalité controversée, pour dire le moins.

Avant même que le Yogi ne foule le sol mauricien, les commentaires, les uns plus passionnés que les autres, s’enflammaient sur la Toile. Si beaucoup de personnes modérées se prononcent contre sa venue chez nous, en raison précisément du discours incendiaire du Yogi, il est malheureux que certains, y compris ceux au sein du Parti travailliste, s’attaquent à la foi de Shakeel Mohamed, et non pas à ses arguments et à sa bonne foi – qu’il a soigneusement consignés dans une lettre envoyée au Premier ministre – pour que Maurice ne déroule pas le tapis rouge en l’honneur du Chief Minister d’Uttar Pradesh.

Notons que ni Navin Ramgoolam, ni Pravind Jugnauth n’a pas adopté la même position que Shakeel Mohamed et Ajay Gunness, alors que le PMSD reste silencieux (et on peut deviner pourquoi !) Peut-être que les leaders des partis, contrairement aux seconds couteaux, savent que le Yogi Adityanath est un «potential replacement for Modi».

Le Times of India nous apprend que «there is little doubt about Yogi’s crowdpulling abilities among BJP’s core supporters. His popularity ratings were only second to Modi in all internal surveys done by BJP during the last election campaign».

Mother India nous a toujours bien considérés, bien avant Indira Gandhi. Pour l’heure, la Grande péninsule nous aide pour divers projets à hauteur de quelque Rs 17,6 milliards : financement d’achat d’hélicoptère et d’un Coastal Radar Surveillance System, construction d’une jetée et d’une piste d’atterrissage à Agalega, subvention pour l’ex-Heritage City (projet enterré qui a surtout enrichi les consultants de Stree Consulting et leurs lobbyistes), grant à hauteur de Rs 10 milliards pour le Metro Express (considéré comme une compensation post-DTAA), construction d’une nouvelle Cour suprême, distribution de tablettes pour le Nine-Year Schooling, éventuellement une seconde Cybercité, etc.

Ce que l’on ne sait toujours pas, en revanche, c’est ce que l’Inde attend en retour sur cet investissement à Maurice, puisque la Grande péninsule n’est pas une organisation charitable. Elle a elle-même plusieurs urgences sociales et infrastructurelles à régler sur son vaste territoire. D’ailleurs, le Yogi saura nous en parler – de la stratégie du BJP…

* * *

Propos choquants de Kee Chong Li Kwong Wing, parus hier, à Paris, dans une interview accordée au groupe Jeune Afrique – voir en page 9. Au journaliste Nicholas Norbrook, venu l’interviewer à Maurice, le président de SBM Holdings, qui égratigne l’ex-Joint Economic Council, évoque, out of the blue, le passage de feue Indira Gandhi chez nous :

«It’s just by sheer luck that Mrs Indira Gandhi came here. There was a crisis. Mrs Gandhi said : “Ok, let us give Mauritius a good deal (the double taxation avoidance agreement). They are stupid enough. We hate these types of Indians. These are French-speaking Indians who have no culture.” Mrs Gandhi came to exploit Mauritius, because Mrs Gandhi thought of using Mauritius to go into Africa and get their mines, then bring (the money) back into India without tax. Who would have expected that it was Mauritius who would then be responsible for channelling so much investment into India ?»

Kee Chong va-t-il démentir cet entretien, surtout dans pareil contexte ?

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