Bien commun versus intérêts privés

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Il est temps que ça change ! Tous, comprenez par là ceux qui accèdent d’une façon ou d’une autre au pouvoir, s’engagent à travailler dans l’intérêt général. Cela va de soi. C’est d’ailleurs pour cette raison que nous «choisissons», bien que faute d’une réelle alternative le mot «choisir» a perdu tout son sens, de les envoyer à l’Hôtel du gouvernement.

Cependant, une fois installés dans les fauteuils ministériels, ils deviennent amnésiques. Les promesses tenues sur les caisses à savon sont vite oubliées. Le gouvernement issu des urnes de décembre 2014 en est une énième illustration. Bien que le Premier ministre, Pravind Jugnauth, insiste : «Je sais où je mène le pays», ce qui se passe actuellement dans l´île nous oblige à douter. Même le président de la Hindu House, Veerendra Ramdhun, s’est permis de lui prodiguer quelques «conseils» sur la gestion de ses troupes.

Effectivement, en l’absence de sanction, Pravind Jugnauth se verra confronté à la théorie de la vitre brisée. Ce qui suppose que le sentiment d’impunité qui a gagné ses rangs va inspirer d’autres apprentis-sorciers. Il n’est donc pas à écarter que nous ne sommes qu’au début d’un long processus de fragilisation gouvernementale. À moins que poussé à bout de «son exaspération», le Premier ministre ne décide de sortir le fouet.

Mais, en la circonstance, il est difficile d’imaginer un tel scénario se produire. Car, au-delà des scandales, il y a aussi dans différentes sphères du pouvoir des personnes qui sont davantage motivées par leurs intérêts personnels que par le bien commun. Ayant, semble-t-il, fait une croix sur l’échéance 2019-20, ces pouvoiristes mènent désormais une course contre-la-montre. Leurs priorités : s’en mettre plein les poches avant d’être éjectés.

Il n’y a pas de quoi s’en étonner. On se fait mener en bateau depuis des décennies. Le système est ainsi fait. Pourquoi changera-t-il, et pourquoi maintenant ? La rupture promise n’a pas eu lieu et n’aura pas lieu aussi longtemps que le personnel politique n’est pas renouvelé. Navin Ramgoolam a abusé du pouvoir quasi monarchique que lui conférait son statut de Premier ministre jusqu’à causer sa perte. Il revient aujourd’hui au-devant de la scène pour dire quoi ? Rien de nouveau. Toujours les mêmes rhétoriques d’un autre temps dont lui seul a le secret et qui ne veulent absolument rien dire. Réveillez-vous : nous sommes en 2017 ! Ce n’est certainement pas avec des slogans d’un autre âge qu’on va construire une île Maurice moderne. À ce titre, il serait intéressant de connaître le sentiment d’Arvin Boolell, «le candidat 2.0» du PTr à la partielle de Belle Rose/Quatre-Bornes, sur les récentes prises de position de son leader.

De manière collective, il est également urgent de nous interroger sur notre devenir commun. La mise à plat d’un système qui sert plus des intérêts privés qu’autre chose passe par une réflexion profonde qui tarde à se matérialiser. Aussi longtemps que nous ne parviendrons pas à reprendre notre destin en main, nous serons forcés de continuer à nous apitoyer sur notre sort. La formule consacrée dans cette situation est d’ailleurs largement répandue : nous avons les politiciens que nous méritons. Il suffit de se le répéter ad nauseam !

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