Lorsque Nirmala Maruthamuthu devient symbole

Avec le soutien de
Nirmala Maruthamuthu conduite hors de la salle par Gérard Rawoteea, Housing Estate Officer à la NHDC, pour avoir remis le ministre Soodhun à sa place.

Le peuple admirable, autrement dit hypertolérant, voire moutonnier, se laisse toujours faire. À force de le voir s’agenouiller, on avait fini par comprendre qu’il ne s’exprime que tous les cinq ans, à chaque élection générale.

Et, dans l’intervalle, il subit, rouspète en silence mais ne remet pas ses dirigeants à leur place. Il se complaît dans une sorte de morosité, la tragédie de son état politique.

La prise de position de Madame Maruthamuthu (NM) est peut-être une exception qui vient déjouer le jugement que l’on porte sur un peuple soumis. Elle contredit ce que le peuple pense de lui-même.

Elle a osé aller un cran plus loin en dépassant l’indignation, utile pour faire connaître quelque colère. Mais insuffisant pour la transformer en une revendication tangible, ou mieux encore, en un engagement pour atteindre un idéal.

La défiance suit l’indignation

NM aura montré la voie aux frustrés, l’étape qui doit logiquement suivre l’indignation si l’on veut qu’il y ait un changement dans la manière de faire des mandarins, dans leur regard méprisant qu’ils portent aux critiques que leur fait la population. Cette étape-là, c’est la défiance. Elle constitue une avancée sur le chemin de la liberté.

Si elle est généralisée, elle constitue la dernière étape avant la révolte. C’est un avant-goût, une réclame, comme on dit à Maurice, avant que ne se joue le film.

Une fois que la défiance se répand, ce sont les floodgates qui sont ouvertes à l’encontre des puissants qui s’évertuent à persister dans leurs abus. Il y a donc lieu pour ceux-là de bien ménager leurs propos dans les instances publiques à l’avenir s’ils ne veulent pas que se confirme leur nouveau slogan de «bouré mam», inauguré à Résidence Barkly, il y a deux semaines.

À ceux qui, gagnés par un défaitisme selon lequel le peuple est indifférent ou agit par intérêt, l’acte de courage de NM ne peut être qu’un signe d’espoir. Il est encore possible de trouver des voix non politiciennes qui s’élèvent contre les symboles de notre déchéance politique.

NM au N°18

Elle a dit tout haut des choses que des milliers de Mauriciens disent devant leur télé chaque soir, en voyant y défiler des personnages qui abusent de leur pouvoir pour nous imposer des propos insultant notre intelligence. NM sera non seulement un exemple pour le peuple, mais servira sûrement de reminder à ces politiciens qui confondent le silence d’un auditoire à l’obligation de tout gober d’une foule d’esclaves.

À l’heure où se lancent des appels à un engagement de la société civile dans les affaires touchant la vie en société, ou encore à une nouvelle manière de faire de la politique, la partielle au numéro 18 offre une occasion pour démontrer que l’on y croit. Et que c’est possible.

Si les partis traditionnels voulaient démontrer eux aussi qu’ils y croient, ils appuieraient une candidature commune, libre des attaches partisanes et des idéologies, et empreinte d’un courage exemplaire. Celle de Nirmala Maruthamuthu !

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