Jeux des Îles: Ultimatum lancé jusqu’au 31 décembre

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L’île de la Réunion, par le tru­chement de Thierry Grimaud, vice-président du Comité régional olympique et sportif (CROS) de la Réunion, est revenue de l’avant avec la non-participation de la délégation réunionnaise lors de la prochaine édition des Jeux des îles de l’océan Indien (JIOI) à Maurice en 2019. Il a lancé un ultima­tum (jusqu’au 31 décembre) aux membres du Conseil international des Jeux (CIJ) pour que ces der­niers donnent une réponse quant aux propositions et conditions de l’île Soeur sur les éventuelles modi­fications à apporter à la charte des Jeux. Passer cette date, plus rien ne pourra être changé car, comme le stipule la charte des Jeux : «Durant la période des 18 mois précédant les Jeux, toute modifi­cation de la charte ne pourra être applicable que si elle a été prise à l’unanimité.»

Peut-on envisager les Jeux sans l’île de la Réunion ? Certaines mauvaises langues me diront que oui ! D’autres plus conciliants ten­teront de calmer les choses en essayant de trouver des solutions à ce problème. Thierry Grimaud, qui était face à la presse réunion­naise cette semaine, estime que les couacs ont été beaucoup plus politiques que sportifs avec le retrait des Comores lors de Jeux de 2015 à la suite de la participa­tion de Mayotte sous le drapeau tricolore. Il est bon de savoir que les Comores ne reconnaissent toujours pas Mayotte comme un département français et comme il est d’ailleurs stipulé dans la Charte des Jeux : Mayotte ne peut afficher aucun symbole de l’État français. Hymnes nationaux et drapeaux avaient donc été interdits durant les cérémonies protocolaires lors des Jeux de 2015.

«Le CIJ avait dit qu’il faut apporter des choses pour amélio­rer la situation. Lors de la réunion du CIJ en 2016, nous avons dit : “Travaillons sur la charte pour la modifier”. C’est ce que nous avons fait en mars dernier à Maurice et avons proposé des modifications. Nous avons fait des propositions pour que les Jeux soient une véri­table fête de l’océan Indien avec un slogan unique, des fêtes pen­dant les quatre ans qui mènent aux Jeux et pour que la cérémo­nie d’ouverture soit un moment de fête avec des artistes de tous les pays de la zone», a précisé Thierry Grimaud.

Selon ce dernier, la discussion est aussi axée sur un article dis­criminatoire de la charte concer­nant la Réunion et Mayotte uni­quement. Cet article impose, en effet, aux athlètes des deux îles qu’ils doivent avoir été licenciés cinq ans dans les îles ou au moins trois années civiles (incluant celle des Jeux) dans des clubs sportifs de la Réunion ou de Mayotte. Pratiquement, cette mesure exclut des Jeux les athlètes de ces deux îles qui poursuivent leur carrière sportive en métropole et qui sou­haiteraient revenir sous leur dra­peau national le temps des Jeux. Le CROS Réunion avait demandé que cette condition soit revue ou soit également applicable aux autres îles participantes. «Un Réunionnais qui est en métropole ne peut pas participer alors qu’un Mauricien qui n’a jamais mis les pieds à Maurice peut participer aux Jeux. On a dit qu’il y a quelque chose qui ne va pas. On a posé ce changement comme condition», a expliqué Thierry Grimaud.

Si le CIJ ne réagit pas d’ici le 31 décembre, c’est sûr que les Réunionnais ne changeront pas d’avis. Ils travaillent même sur des Jeux alternatifs. «On s’est dit qu’il faut un cadre pour que nos athlètes puissent être dans des compétitions de haut niveau. Nous travaillons cependant sur des Jeux alternatifs», a laissé entendre Thierry Grimaud.

La menace de la Réunion se précise de plus en plus et il ne reste plus que trois mois avant la date butoir. Il y a peu de temps, dans ces mêmes colonnes, j’avais insisté sur le fait que c’est dans le dialogue et le respect que la situation se décantera. Il est vrai que depuis 2015 le fonctionne­ment du CIJ est décrié. N’est-il pas, cependant, grand temps pour que les membres de cette instance puissent revoir tout le mécanisme de gestion ? N’est-il pas le rôle du CIJ d’amener des solutions justes pour que prime la solidarité entre les différentes îles de l’océan Indien ? N’est-il pas censé contribuer à la coopération régionale pour le développement du sport dans la région avec la participation des sportifs des dif­férentes îles sans discrimination raciale, religieuse ou politique ?

À y voir de plus près, les grands maux de cette mani-festation indianocéanique, qui fêtera bientôt ses 40 ans d’exis­tence, s’articulent surtout autour de la Charte des Jeux. Une Charte dépassée qui aurait dû être amendée depuis longtemps car, à chaque édition des Jeux, voilà que surgissent des problèmes poli­tiques ou diplomatiques.

Espérons que, dans l’intérêt des athlètes et de la pérennité des Jeux, le CIJ reviendra à de meil­leurs sentiments et qu’ensemble, avec le CROS Réunion, ils arrive­ront à solutionner ce flou, cet épais brouillard, qui masque l’avenir des Jeux des îles.

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