Farce policière

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Fanfare, uniformes d’apparat, discours élogieux. Les 250 ans de la police sont, ces jours-ci, célébrés avec faste. Mais derrière les feux d’artifice et les sourires factices, c’est le découragement qui règne aux Casernes centrales. Le moral du commissaire de police lui-même serait au plus bas, selon plusieurs sources. En raison de l’ingérence politicienne, ses ailes ont été coupées (même s’il persiste à prendre l’avion régulièrement) et ses pouvoirs lui auraient été confisqués. 

Du coup, l’indiscipline et la division ont gagné les rangs de la police. Comme en attestent les nombreux cas liés surtout au trafic de drogue qui nous remontent à la surface. 

Il y a plusieurs sources au mal policier. La première est l’incompréhension de plus d’un par rapport au fait que le commissaire de police est désormais accompagné, quotidiennement, par un de ses subalternes pour briefer le Premier ministre ou le ministre Mentor quand celui-ci est disponible. 

Le subalterne en question est en orbite pour remplacer Mario Nobin – qui prendrait sa retraite l’an prochain, ayant compris que son rôle serait de moins en moins important. C’est, donc, un Jhugroo, proche du ministre et du clan Jugnauth, qui fait en fait le lien entre l’hôtel du gouvernement et les Casernes centrales. Il est en stage pour devenir le prochain n°1 de la police - au grand dam de ses supérieurs hiérarchiques. 

Mario Nobin sait très bien que la hiérarchie n’est plus respectée. Mais il n’y peut rien. La police est plus que jamais au service des occupants de l’hôtel du gouvernement, utilisée comme un outil de répression contre les opposants au régime, ou pour exécuter des missions secrètes. 

Par exemple, quand Navind Kistnah avait été intercepté par Interpol au Mozambique, c’est l’ASP Deeal (du bureau du Premier ministre) qui est parti l’interroger en catimini. Nobin, apparemment, n’était même pas au courant de cette mission secrète. Encore moins l’ADSU. Quelle a bien pu être la teneur des discussions entre Kistnah et l’ASP Deeal ? Ces discussions autour de la saisie-record d’héroïne sont cruciales pour comprendre le modus operandi de Peroomal Veeren et de ses complices et bailleurs de fonds. Même la commission Lam Shang Leen semble fermer les yeux sur la mission secrète de l’ASP Deeal à Maputo. Pourquoi a-t-on promis le statut de ‘State Witness’ à Kistnah ? Chercherait-on à protéger quelqu’un ?

Autre sujet de préoccupation au sein de la police : le lobby effectué en faveur d’un autre Offshore Patrol Vessel alors que le Barracuda, acheté sous Navin Ramgoolam, n’est pas utilisé de manière optimale. Pourquoi certains veulent à tout prix dépenser des milliards, même si la police n’en a clairement pas les moyens ?

Si la police n’a plus d’autonomie de décisions ou d’action, devrait-on toujours l’appeler force policière ?

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