Moraliser et déprofessionnaliser la politique

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Avancée démocratique en France. Interdiction est faite aux parlementaires d’employer des collaborateurs familiaux. Cela dans le sillage de l’affaire Fillon (ancien Premier ministre sous Sarkozy, qui est suspecté d’avoir employé de manière fictive sa femme et ses enfants en tant que collaborateurs parlementaires).

L’affaire Fillon avait défrayé la chronique durant la dernière campagne présidentielle. Le camp Macron avait tactiquement saisi la balle au bond pour alors évoquer l’urgence de moraliser la politique. C’était avant le ministère attribué à l’éphémère garde des Sceaux, François Bayrou, englué lui aussi dans une sale affaire d’emplois fictifs.

Aujourd’hui, il s’avère impossible d’employer un enfant, un conjoint, un neveu ou un beau-frère.

La réserve parlementaire, (une manne de 147 millions d’euros) a été supprimée. Les députés disposaient de 130 000 € par an à dépenser dans leur circonscription. Ce qui maintenait une politique clientéliste.

* * *

Si seulement, à Maurice, on pouvait avoir une telle loi, cela va sans dire que beaucoup de nos patronymes de la place n’auront jamais pu être dans leur position actuelle. Sans leur «brand name» familial. Et on peut facilement imaginer que la cuisine de chez nous tuera dans l’oeuf toute tentative de moraliser de la sorte notre écosystème politique.

Pour changer la donne, non seulement il nous faut légiférer et réformer le système électoral, mais on doit combattre tout ce qui sépare les citoyens de la politique politicienne, qui consiste essentiellement à nous «divide and rule».

Alors qu’à Maurice, des politiciens accourent pour célébrer les 35 ans de longévité politique d’un des leurs, ailleurs, dans des démocraties plus approfondies, on évoque de plus en plus le besoin de déprofessionnaliser la politique.

On peut comprendre que certaines personnes se donnent corps et âme à la chose politique et maintiennent, durant des décennies, leur longue trajectoire. Mais le hic, c’est quand ce sont les mêmes qui continuent de côtoyer les mêmes et finissent par développer des liens entre eux – qui peuvent être contre l’intérêt général. Déprofessionnaliser la politique implique faire de la place à la société civile, pour des décisions publiques plus transparentes et plus ancrées dans le réel.

Parallèlement, il faudrait interdire le cumul de plusieurs mandats, et instaurer une dose de proportionnelle à tous les scrutins. Mais comme la Freedom of Information Act, cela n’est pas dans l’intérêt du MSM en ce moment.

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