Un VPM djihadiste !

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Showkutally Soodhun est unique en son genre. On le prend peu ou prou au sérieux. Depuis qu’il est fièrement assis sur le front bench, il aura dit tout et son contraire, des fois les deux en même temps. Le Senior Minister dit ce qu’il pense sans vraiment penser ce qu’il dit. C’est précisément cela qui le rend dangereux. Vous vous rendez compte : c’est quand même le n°4 du gouvernement, et cela lui arrive d’être seul au PMO aux commandes du pays, en charge de la police, de la SMF et de la MBC…

Donner du pouvoir (et un revolver) à un tel personnage relève de l’irresponsabilité ou de l’amateurisme politique. Tirant sur le leader du PMSD, Soodhun évoque le «djihad». Dans la même phrase, il mentionne le ramadan et la Voice of Hindu. Une association malheureuse, explosive, susceptible de raviver les douloureux souvenirs d’antan, relatifs, entre autres, aux «bagarres raciales» des années 60 et 90.

Dans ce pays aux équilibres encore fragiles dans lequel nous vivons, triste est de constater que les politiciens s’agrippent à la ségrégation ethnique qui maintient le Best Loser System en vie (ou vice-versa) et qui retarde la construction de la nation près d’un demi-siècle après notre indépendance des Britanniques. Et quand un vice-Premier ministre de la République, devant une audience choisie, se dit prêt à recourir au djihad pour défendre l’Arabie saoudite, nous devons réaliser que nous avons franchi la ligne rouge.

Au-delà du personnage d’un Soodhun, il y va de notre vivre-ensemble commun. Pour ne pas le mettre en péril, il appartient au Premier ministre de prouver à l’opinion éclairée que l’«attaque» de son vice-Premier ministre était un événement accidentel, isolé – et que le gouvernement Lepep ne cautionne aucunement ce langage criminel, et viscéralement anti-mauricien. Si on peut comprendre, (même si on ne peut pas le justifier), que Pravind Jugnauth ne puisse pas, par respect paternel, remettre le ministre mentor sur les rails quand il dérape, en revanche, on ne comprend pas comment il tolère les écarts réguliers de Soodhun (communiqué sur le Qatar, sa déclaration selon laquelle il est l’«esclave» de Jugnauth, affiches illégales, etc.)

Et aussi pourquoi la police de Mario Nobin ne fait-elle rien ? Est-elle, à ce point, sourde et incapable d’appliquer les lois relatives aux Prevention of Terrorism Act, menaces de mort, outrage à la moralité et appel à la sédition ?! Avons-nous seulement un capitaine en charge du Law and Order ?

Soodhun, comme Gulbul et Teeluckdharry, représente un test de leadership pour Pravind Jugnauth. Peut-il réellement protéger les Mauriciens et nos institutions des hommes dangereux qui l’entourent ?

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