Un monde multipolaire

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New normal, multipolarité, nouvel ordre… L’hégémonie occidentale s’effrite ! Le monde tel que nous l’avons connu jusqu’ici est en pleine mutation. Donald Trump et le Brexit en sont des preuves concrètes.

Cette transformation du paysage mondial n’a rien d’étonnant. Même les Américains l’ont vue venir. «On assistera dans les prochaines décennies à un changement fondamental dans la nature même du pouvoir des nations qui se diffusera au travers de réseaux et de coalitions informelles dans un Monde Multipolaire. Les nations devront apprendre à agir et asseoir leur puissance dans ce cadre nouveau», écrivaient les analystes du conseil national du renseignement des États-Unis dans Global Trends 2030.

Le comble pour les Américains, c’est qu’ils n’ont pas eu à attendre très longtemps pour avoir la confirmation qu’effectivement de nouvelles dynamiques sont en train de se mettre en place à l’échelle mondiale. Car à peine cinq ans après la publication de ce rapport prémonitoire, 94 pays sont venus mettre en exergue cette tendance à la multipolarité. Référence faite ici au vote en faveur de la résolution mauricienne sur les Chagos à la récente Assemblée générale de l’Onu.

Ce soutien obtenu par Maurice malgré la mise en garde britannique et américaine de même que le schéma du vote témoignent de l’émergence de nouvelles sphères d’influence. N’empêche, en matière de diplomatie, il faut surtout éviter de sombrer dans l’euphorie. C’est d’ailleurs ce que nous apprend la posture de l’Inde sur le dossier des Chagos.

Prise en tenaille entre une «amitié» affichée pour Maurice et la pression du tandem américano-britannique l’intimant de convaincre Port-Louis de faire machine arrière, la Grande péninsule s’est livrée à un véritable exercice d’équilibriste. D’abord, elle a dû faire comprendre aux autorités mauriciennes qu’elle ne pouvait co-sponsoriser la résolution bien qu’elle l’ait votée et ensuite essayer de rassurer les Américains sur le fait que Maurice ne cherchera pas à changer la donne s’agissant de la sécurité dans l’océan Indien. En d’autres mots, Maurice n’insistera pas pour reprendre le contrôle de Diego Garcia, qui abrite actuellement la base militaire américaine.

C’est certes une avancée majeure pour un petit État insulaire comme Maurice, mais nous ne sommes pas au bout du chemin. Il reste d’autres étapes à franchir avant de pouvoir prétendre à la souveraineté sur l’archipel des Chagos. En attendant, il y a des leçons à tirer de cette expérience onusienne. Contrairement à des pays comme l’Inde, par exemple, qui est constamment en train de réfléchir sur son positionnement géopolitique, à Maurice nous avons l’impression de n’avoir pas encore pris la mesure du degré de sensibilité de la politique étrangère. Si tel était le cas, cela nous aurait fait l’économie de ce cafouillage diplomatique provoqué par un récent communiqué indiquant que Maurice avait rompu les relations diplomatiques avec le Qatar. Le ministère des Affaires étrangères a dû essayer de recoller les morceaux à travers un démenti formel. Mais le mal a déjà été fait

Est-ce ainsi que nous envisageons notre avenir dans un monde multipolaire ?

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