Performance et résultat

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Sport national par excellence, la politique a repris sa place en tête de l’actualité avec la démission de Roshi Bhadain de l’Assemblée nationale. Ce départ programmé ouvre la voie à toutes sortes de théories et de calculs en attendant de connaître les noms des principaux protagonistes de la prochaine joute électorale.

Que n’avons-nous pas entendu jusqu’ici ? Certains analystes estiment que cette élection partielle provoquée par l’ex-ministre de la Bonne gouvernance permettra de tester la crédibilité des gouvernants et des opposants.

Voici le postulat le plus simpliste : un vote en faveur d’un éventuel candidat du gouvernement à mi-mandat serait un encouragement à poursuivre dans la voie tracée depuis décembre 2014. Inversement, si l’électorat décide de porter son choix sur un membre des forces de l’opposition – car tout porte à croire qu’ils seront plusieurs à briguer les suffrages – le message ne sera pas difficile à décoder.

Or, nous savons pertinemment que ce n’est pas aussi simple ! Les dynamiques d’une élection générale ne s’appliquent pas nécessairement à une partielle. Au lieu de les disséquer, nous souhaitons poser le débat autrement. Faut-il attendre une élection, quelle qu’elle soit, pour juger ceux à qui nous avons confié la lourde responsabilité de prendre des décisions majeures en notre nom ? Est-ce normal dans un pays qui se dit moderne de n’avoir toujours pas de mécanisme pouvant nous permettre d’évaluer la performance de nos employés ?

Oui, ce sont nos employés car nous les avons recrutés en décembre 2014 «to bring meaningful change to the daily life» de la population tout en nous guidant «towards happiness, prosperity and a better future». Plusieurs engagements ont ainsi été pris envers nous le mardi 27 janvier 2015. Entre autres, nous pouvons retenir cette promesse de placer la discipline, la transparence et la redevabilité au coeur de la gouvernance du pays.

Les paroles s’envolent mais les écrits restent. Nos dirigeants gagneraient donc à se rafraîchir la mémoire à travers une relecture, voire une lecture du discours-programme pour ceux qui ne l’ont jamais parcouru. Ce document est non seulement riche en enseignements, mais il nous permet également avec recul de prendre la mesure de l’ampleur de notre naïveté. En d’autres mots, cela ne servira à rien de vouloir tester la crédibilité des uns et des autres. Nous savons tous ce qu’elle vaut ! En revanche, nous estimons que pour réellement «achieve meaningful change» – ce qui n’a pas été le cas jusqu’ici – il est temps de réinventer le gouvernement.

Pour y parvenir, il faut une détermination à toute épreuve. Le Premier ministre a annoncé dans son discours du Budget l’élaboration d’un People Facilitation Bill. Un texte de loi visant à éliminer le parcours du combattant pour accéder au service public. Mieux, il est annoncé que le projet de loi sera préparé en consultation avec la population afin de permettre à celle-ci d’exercer pleinement ses droits. Un énième effet d’annonce ? Nous le saurons bien assez tôt ! Cela dit, il faut bien plus qu’un People Facilitation Bill dans la présente conjoncture pour aspirer à un peu de considération de la part de l’électorat.

Rien de moins qu’une véritable refonte du système de gouvernement ne sera crédible. Dans ce cas, pourquoi ne pas introduire un Government Performance and Results Bill ? Un tel instrument rendra le pouvoir au peuple car il va instaurer la notion de performance et de redevabilité à tous les échelons de l’État.

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