La carte maîtresse de Navin

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«Ma patience n’est pas infinie.» Sur un ton un tantinet guerrier, Arvin Boolell menaçait, diplomatiquement, dans son dernier entretien publié dans l’express-dimanche. On avait tous compris à qui il s’adressait, même s’il ne l’avait pas nommé…

Le reste s’est déroulé rapidement. Hier après-midi, la candidature d’Arvin Boolell a été avalisée par le BP des travaillistes et annoncée, avec un sourire malicieux, par un Navin Ramgoolam qui se frotte les mains. Pour une fois, on ne parlera pas de lui quand on évoquera l’écurie rouge.

Homme lisse, sans casier judiciaire, et jamais arrogant, Arvin Boolell demeure un atout pour son parti, mais reste un désavantage pour Ramgoolam. C’est pour cela qu’il est le Poulidor et l’autre le leader. S’il est élu au numéro 18, Boolell pourrait prendre la tête des «jeunes» travaillistes au Parlement et, ainsi, éclipser le leader du parti. Mais Ramgoolam, en fin stratège, a choisi de prendre ce risque : car Boolell est l’incarnation de sa carte maîtresse au numéro 18 pour repositionner le PTr dans le paysage politique. Donc même s’il ne l’aime pas particulièrement, même s’il lui met souvent des Varma, des Sayed Hossen ou des Assirvaden sur sa route, Ramgoolam a choisi de le pousser, sans, toutefois, lui faire de baisemain… Une victoire des travaillistes va relancer le parti – qui se relèvera des ruines du square Guy Rozemont.

Du coup, cette nomination travailliste précipitée vient rebattre les cartes – davantage que la décision de la Cour suprême de permettre au DPP d’aller au Privy Council dans l’affaire MedPoint (un mauvais point pour Lepep), ou le vote en faveur de la résolution de Maurice devant l’ONU dans l’affaire Chagos (un sérum inattendu pour Lepep).

Le move du PTr a mis le MMM en mode attente. Les mauves ont choisi, hier soir, de faire durer le suspense avant d’annoncer leur candidat. Ils peuvent abattre une carte Boolell eux aussi ; ce serait le combat des cousins Boolell. Mais il semblerait que Satish Boolell aurait dit oui à une fonction plus honorable… Mais c’était avant que la candidature d’Arvin Boolell ne soit connue…

Quant à Roshi Bhadain, il doit aujourd’hui regretter le conseil que lui avait prodigué Arvin Boolell selon lequel il aurait dû rester au Parlement. Après sa démission, que beaucoup, y compris nous, pensent être du suicide politique, Bhadain accumule des gaffes – entre autres, en parlant des gens éduqués du no 18, en pointant vers Sodnac. Ce faisant, il se met à dos une bonne frange de l’électorat – et du pays –, surtout parmi ceux qui avaient oublié son tumultueux passage au sein du gouvernement Lepep.

Quant aux autres candidats, malgré toutes leurs bonnes intentions, ils risquent de n’être que des figurants d’une joute qui s’annonce des plus intéressantes, même si le gouvernement compte «manz pistas get sinéma». Entre-temps, hélas, le pays stagne et les scandales du gouvernement nous enfoncent, encore un peu plus, dans la nasse…

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