Nu zwenn la gare Quatre-Bornes ?!

Avec le soutien de

Un destin à la May. Ceux qui défendaient le deal papa-piti faisaient (trop) souvent allusion à Theresa May et au système westminsterien. Comme si la Première ministre britannique avait, elle aussi, hérité du poste suprême de son père. Mais ces jours-ci, May n’est plus une référence. Elle a perdu le pari des législatives qui devaient, soi-disant, donner une majorité confortable aux conservateurs dans le sillage du Brexit. L’électorat lui a infligé une gifle cinglante. Et les conservateurs ont perdu leur majorité absolue.

Déficit de charisme. On a souvent reproché au fils unique de sir Anerood son manque de charisme et son arrivisme. Voilà, enfin, des similitudes avec Theresa May. Les politologues ayant fait le post-mortem de la déroute de May sont d’accord sur sa personnalité : «Theresa a la chaleur, l’humour, l’éloquence et le charme d’un congélateur.» Son homologue mauricien va-t-il aussi prendre le risque que son alliance Lepep – ou du moins ce qu’il en reste – affronte l’électorat de Belle-Rose–Quatre-Bornes ? Avec le risque que celui-ci sanctionne, de manière sévère, son accession au PMO, le projet de métro, le Budget 2017-2018 ?

Scandales lor scandales. Un homme fort de l’alliance Lepep, féru de formules à l’emporte-pièce, disait peu après les résultats de décembre 2014, que ce gouvernement apporterait «résultats lor résultats». Nous avons attendu en vain. À la place, nous avons été témoins d’une succession non interrompue d’affaires qui ont vite fait d’évaporer le capital sympathie du gouvernement Lepep. L’homme de la rue, que ce soit au nº 18 ou ailleurs, reste lucide : après ces deux ans et demi de mauvaise gouvernance Lepep, le gros de nos problèmes (dette publique, faible croissance économique qui ne crée pas d’emplois, trafic de drogue, Metro Express, Betamax, SCBG, etc.) est dû à l’incurie et aux carences de nos dirigeants actuels. Qui sont incapables de faire mieux que Navin Ramgoolam et de son équipe (pourtant) de triste mémoire. D’ailleurs, n’ont-ils pas récupéré Gooljaury et Gowressoo comme pour émuler les travaillistes ?

Rien n’a changé. D’un régime à un autre, alors que nous allons sur nos 50 ans d’Indépendance, les mêmes maux nous rongent. Et nous entraînent, tel un train fou, vers la faillite totale (auparavant elle était d’ordre politique et morale, aujourd’hui, elle est surtout d’ordre financier avec le projet Metro Express et la lourde dette envers l’Inde). Ces maux sont le clientélisme politique qui produit des gestionnaires médiocres qui sont, eux, responsables des dysfonctionnements de la machine gouvernementale et des déficiences organisationnelles de la nation.

L’homme «à tout fer». Un homme a choisi de nous replonger dans l’ambiance électorale. Roshi Bhadain estime qu’on doit paralyser l’action gouvernementale au lieu de lui laisser le champ libre. Il joue son avenir politique et sa crédibilité – lui qui a été un des fers de lance de Lepep. Ce n’est pas sûr que Xavier-Luc Duval, qui cultive des fantasmes premier ministériels, lui accorde son plein soutien; il peut jouer la carte Vasant Bunwaree, ou profiter d’un rapprochement avec des travaillistes sans Ramgoolam. Ce dernier connaît la proximité entre Duval et Boolell et veillera au grain… Pas question de les laisser jouer aux vieux Macron(s) mauriciens !

Le rendez-vous de la Gare. Tous les collégiens de Quatre-Bornes connaissent l’importance stratégique de la gare de Quatre-Bornes. C’est là où l’on se retrouve. C’est là où l’on fait des alliances, où l’on règle des différends. L’optique d’une partielle soulève LA question : les partis de l’opposition pourront-ils se rallier derrière un candidat unique ? Peu probable. Outre Ganoo, on ne voit pas ce que les autres gagneront en s’associant. On sait que Bhadain divise énormément (en raison des casseroles qu’il traîne : BAI, Heritage City et baisemain en particulier) et que le MMM a déjà signifié son intention d’avoir son candidat (Makhan ayant pour l’heure les faveurs des Mauves). On sait aussi que les Rouges et les Bleus ne sont pas encore officiellement ensemble car il faut donner encore du temps au temps. Au final, le gouvernement Lepep, déjà en chute libre dans l’opinion, a tout à perdre s’il se pointe au rendez-vous de Quatre-Bornes. Il risque une double défaite (surtout s’il donne le ticket au ML) : un vote sanction et un rapprochement des forces de l’opposition. S’il boude la partielle (au prétexte qu’il a mieux à faire, par exemple, réparer le Bagatelle Dam), au contraire, il va laisser l’opposition s’entre-déchirer… Et, ainsi, pourra plus facilement contracter une alliance avec l’un des partis en 2019.

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