Betamax Budget

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Notre caricaturiste Pov a parfaitement illustré hier le destin du trésor de guerre que Pravind Jugnauth a ramené de ‘Mother India’. Une bonne partie du butin budgétaire – soit quelque 27,7 % de Rs 18 milliards – devrait être versée aux propriétaires du Red Eagle. Une taxe inattendue pour certains, attendue pour d’autres.

Si l’item Betamax est mentionné cet après-midi dans le 3e Budget de Lepep, on pourrait prétendre, entre les lignes du discours d’intention qu’on entendra dans quelques heures, que cet argent ne sera pas prélevé, directement ou indirectement, sous forme de taxe, ou que la STC puisera de SES réserves (ou plutôt de nos réserves), que la dette publique – déjà à un taux alarmant de 65,6 %, en occultant le SPV conçu pour sortir le Metro Express de nos tiroirs démagogiques – ne va pas s’alourdir davantage ; comme si les têtes pensantes de l’Inde ou de Maurice pouvaient ‘outsmart’ le FMI. Ce qui hypothéquera, encore un peu plus, l’avenir plus ou moins sombre de nos enfants.

Le Budget, depuis plusieurs années, a perdu de sa superbe. Auparavant, c’était un moment phare dans la stratégie nationale du gouvernement. Aujourd’hui, c’est devenu un exercice comptable presque mensonger ; d’où le besoin de recourir, ensuite, aux Supplementary Appropriation Bills, qui visent à tromper les chiffres du déficit budgétaire.

Au-delà des chiffres, des taxes et de la redistribution des maigres ressources financières, le Budget a ceci d’important: il vient mettre à nu les carences de leadership du gouvernement Lepep et de notre leader de l’opposition. Les investisseurs ne croient plus aux promesses de croissance, aux chiffres de l’emploi, aux règles de bonne gouvernance. Outre Betamax, il y a, ‘in the pipeline’, d’autres compensations que nous contribuables devr(i)ons financer : CT Power, Neo Town, BAI/Rawat, Courts Asia, Soornack, etc.

Mais quid des comités interministériels ? Que ce soit celui de Xavier Duval sous Ramgoolam ou celui de Roshi Bhadain sous Jugnauth : la posture est la même : pa nou sa ! Et on nous supplie de les croire sur parole !

C’est triste que personne au final n’assume ses positions. Lepep a été élu pour soi-disant mettre fin au pillage des fonds publics par le régime travailliste. C’est vrai que sous Ramgoolam, les propriétaires de la BAI, d’Airway Coffee, des boutiques Ralph Lauren et du pétrolier Red Eagle ont été favorisés pour proximité politique (au nom d’une démocratie de l’économie de triste mémoire), mais en essayant de limiter la casse, le gouvernement du jour a, surtout, corsé l’addition du contribuable. L’émotion dégagée par un désir de vengeance ayant pris le dessus sur la raison. Au final, Budget ou pas, c’est nous, et nos enfants, qui allons casquer pour financer les fausses manœuvres politiciennes. C’est, sans doute, pour cela que le 2e Budget consécutif de Pravind Jugnauth risque d’être un non-event économique face à la gifle que nous a administrée, mardi, le Singapore International Arbitration Centre. C’est une gifle non pas pour nos politiciens, mais pour nous, nous qui portons au pouvoir des irresponsables politiques. Qui utilisent notre argent comme si c’était leur dû.

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Rs 5 milliards. C’est la somme que devra débourser l’Etat mauricien pour payer Veekram Bhunjun. Retour sur toute cette affaire qui a débuté en janvier 2015 avec la résiliation du contrat de Betamax par le gouvernement Lepep.

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