Exportation : la tourmente

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Pilier de l´économie mauricienne – employant directement plus de 50 000 personnes –, le secteur de l’exportation est pris dans un cycle baissier. Après un recul de 8,6% en 2016, la tendance s’est accentuée au premier trimestre. Les trois premiers mois ont, en effet, été marqués par un nouveau plongeon, mais cette fois-ci de 11 %. De quoi donner le tournis car il faut remonter à 2008, en plein cœur de la crise de la zone euro, pour retrouver une chute aussi vertigineuse des exportations mauriciennes. Les statistiques indiquent une baisse de 7,5% pour cette période. La présente situation est donc beaucoup plus alarmante du fait qu’elle ne trouve pas son origine dans une crise ponctuelle.

Déjà, nous pouvons oublier la trousse de premiers soins. Nous n’avons pas affaire à une petite grippe passagère. Les symptômes sont révélateurs d’un malaise plus profond. Il n’y a qu’à parcourir le dernier bulletin trimestriel du commerce extérieur pour prendre la pleine mesure de l’ampleur du danger qui se profile à l’horizon. Ces statistiques montrent, en effet, que le volume d’exportation vers nos marchés traditionnels a reculé considérablement durant les premiers mois de l’année. Vers l’Afrique du Sud, par exemple, les exportations ont baissé de 24,5%, suivi du Royaume-Uni 21,2%, de l’Italie 14,1% et de Madagascar 10,9%.

Les répercussions ne se ressentent pas uniquement sur le déficit commercial, projeté à Rs 94 milliards cette année, après avoir atteint Rs 21,5 milliards au premier trimestre, soit un bond de 30,5% d’une année à l’autre, mais également sur la croissance économique. L’impact a notamment été observé entre 2011 et 2015, lorsque la croissance a été en moyenne de 3,6%, largement inférieure au chiffre de 4,7% enregistré entre 2006 et 2010.

À la Mauritius Export Association (Mexa), il ne fait plus de doute. Pour redynamiser les exportations, il est impératif de dépasser le simple cadre de politiques traditionnelles qu’on a l’habitude de s’injecter en période trouble. Maurice se doit de capitaliser sur les forces de son secteur industriel afin de le faire évoluer. 

Aujourd’hui, on recense six catégories distinctes d’entreprises dans le domaine de la manufacture. Cependant, elles n’opèrent pas sur un pied d’égalité. Un écueil majeur sur la voie d’un renforcement des capacités dans ce secteur.

Les difficultés rencontrées par l’industrie manufacturière pour attirer des investissements directs étrangers se posent aussi en obstacle majeur à la modernisation des chaînes de production dans l’île. Contrairement à l’immobilier, l’industrie fait figure d’épouvantail pour les investisseurs. En 2015, ce secteur n’a attiré que Rs 16 millions sur un total de presque Rs 10 milliards. Or, un des moyens d’atteindre l’objectif fixé par les pouvoirs publics d’augmenter la contribution de ce secteur au PIB est justement à travers des investissements productifs qui vont également faciliter le transfert de technologie et la création d’emplois hautement qualifiés pour la nouvelle génération.

Maurice n’arrive pas, non plus, à profiter pleinement de sa proximité avec les marchés de la région. Le constat des exportateurs est cinglant. Désormais, ils réclament du concret : un navire cargo régional. Cet appel sera-t-il entendu par le ministre des Finances, Pravind Jugnauth ? En tout cas, le gouvernement n’a pas trop le choix. Il doit impérativement se mettre au chevet de ce secteur car tout un pan de l’économie mauricienne est à risque sans une relance de l’exportation.

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