Mera naam Pravind

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En 1948, en préambule de la Déclaration universelle des droits humains, considérant qu’il est essentiel que les droits de l’Homme soient protégés par un régime de droit pour que celui-ci ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l’oppression. On pourrait, dans le cadre mauricien, ajouter et contre les dynasties en place. Pravind a dû sentir monter la pression de la rue et des ventres affamés. Pour sortir, hier après-midi au Trésor, le joker indien de sa manche. Mme Audibert et les grévistes avaient titillé son ego de leader qui se doit de trouver une solution, peu importe les conséquences subséquentes… C’est notre crainte.

Ici, nous le disons depuis presque le temps de Mathusalem, ou précisément depuis 1967 : l’express souhaite toujours voir et vivre la fin définitive de structures sociales périmées qui retardent notre évolution et le renoncement en bloc de tous ces prosélytismes qui infectent le crypto-racisme. Toute doctrine à suivre devrait placer l’intérêt national au cœur, dans un cadre régi par le mauricianisme tel qu’il se pratique déjà dans la rue, entre les matelas des grévistes de la faim du jardin. Et tous ceux qui n’ont pas le temps sur leur agenda surbooké d’écouter des grévistes de la faim devraient arrêter ou être interdits de faire de la politique. Point barre. Car la politique, c’est de se mettre au service du peuple, n’est-ce pas M. Collendavelloo ?

Lepep ? Mam ? Termes déjà oubliés, enterrés et risibles ?

En 2017, alors que nous nous apprêtons à célébrer nos 50 ans d’Indépendance, le Premier ministre suspend le Parlement, à quelque trois semaines du Budget, et puis s’envole quémander des milliards en Inde. Sinon, il risque de gérer une crise sociale. La Grande péninsule est certes généreuse, et après avoir fermé le robinet du DTAA, nous a gentiment donné une somme pour faire sortir de la gare des souvenirs l’inquiétant projet de métro. Mais qu’attend-elle en retour sur cet investissement ? D’autant que Lutchmeenaraidoo s’est bien fait voir en Chine, à un sommet que l’Inde avait boudé…

Pour payer la faillite des politiciens, gouvernements et institutions, époques et alliances confondues, Maurice a besoin de l’Inde doublement : pour compenser leurs incompétences désastreuses à bien des égards (BAI, Betamax, Dufry, CT Power, etc.) et pour faire sortir le pays de sa léthargie en termes de développement des infrastructures – d’où la chute de notre Capital Budget. Afin de tromper l’indicateur du déficit budgétaire. Doublement aussi : le plus gros projet de développement pour Maurice couplé au plan de sauvetage du plus grand naufrage financier du pays.

En attendant qu’on nous dise que tous les politiciens, à des degrés divers, sont responsables de cet état de choses, soit de cette déconfiture, il est plus que temps de remettre la problématique du financement politique au centre de la table des discussions relatives à la moralité politique. Que celui qui n’a jamais touché un sou de Dawood Rawat, directement ou indirectement, vienne de l’avant… ne vous pressez pas, surtout, on ne sait que vous n’êtes guère nombreux.

Et en attendant qu’on détermine le degré de responsabilité des institutions et de ceux qui les peuplaient (disons les 20 dernières années), entre autres, et de la Banque de Maurice, du ministère des Finances, de la FSC, du FRC, de la FIU. Et en attendant qu’on retrouve ces milliards cachés en partie, apparemment, dans des fonds suisses, et chez Maubank et NIC. Où sont les comptes en passant ?

Avant son Budget, censé être son grand Oral, Pravind Jugnauth a finalement compris qu’à peine ses 100 premiers jours entamés, il était déjà confortablement assis sur une bombe sociale, une bombe citoyenne aussi,qui pourrait exploser à tout moment, car pratiquement tout le monde en a marre d’entendre les récits des proches du pouvoir Lepep qui s’en mettent plein les poches à coups de contrats de dizaines de millions de roupies alors même que l’homme et la femme de la rue doivent faire grève pour se faire entendre, et pour avoir leur argent placé dans un fonds pourtant garanti et autorisé par l’État.

 Cette bombe est aussi politique, comme si elle avait été programmée finement par Roshi Bhadain et Xavier Duval, et alimentée par Ramgoolam et ses lieutenants, dès lors qu’il ne réfléchit pas comme un Premier ministre, avant d’être ministre des Finances, cela risque d’être périlleux pour lui sur le terrain. En fait, un pari doublement périlleux pour le parent d’une des élèves de Madame Audibert, devenu Premier ministre sans avoir été plébiscité de manière directe par l’électorat… coincé entre le pays ici et l’Inde là-bas

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