Ère nouvelle

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25 ans de cela, Maurice mettait en orbite son secteur offshore avec la tenue d’une Euromoney Conference sur notre sol. S’ensuivent l’introduction des législations inspirées de l’expérience maltaise ainsi que l’organisation des premières roadshows en Asie avant la mise sur pied de la MOBAA, l’institution régulatrice, en octobre 1992.

Un quart de siècle plus tard, ce secteur devenu entre-temps un des moteurs de croissance et rebaptisé global business se retrouve à la croisée des chemins. Pour plusieurs raisons. L’une d’entre elles étant la décision du gouvernement d’accéder aux demandes des autorités indiennes pour une révision du traité fiscal liant nos deux pays.

Cette démarche a été non seulement une véritable douche froide pour les opérateurs de ce secteur, mais elle a également mis en lumière des dissensions profondes au sein du gouvernement dirigé à l’époque par sir Anerood Jugnauth. Vishnu Lutchmeenaraidoo, ministre des Finances d’alors, était sorti de ses gonds pour dire son opposition à tout amendement qui sera apporté à la clause régissant la plus-value. «Over my dead body», avait-il réagi à la proposition indienne. Et d’ajouter qu’il ne ferait rien «qui pourrait faire perdre ses avantages à Maurice».

La suite, nous la connaissons : il y a un mois (le 1er avril), le nouveau traité de non-double imposition fiscale est entré en vigueur. Cet accord présenté par ceux qui l’ont négocié comme un «achievement» majeur visant à ouvrir des opportunités nouvelles n’a certes pas provoqué des cataclysmes dans le secteur financier, mais il est à l’origine d’un début de repositionnement.

Nous avons eu droit aux premières esquisses de ce nouveau paysage avec la vente de l’International Financial Services (IFS) – une compagnie fondée par Couldip Basant Lala et Dev Joory dont le président est Rama Sithanen – à la société britannique Sanne pour un montant de $ 127 millions. Quelques mois après cette transaction, le groupe Cim s’est également séparé de son pôle global business. Une fois de plus, c’est un groupe étranger, SGG, basé au Luxembourg, qui s’est porté acquéreur pour une somme de $ 90 millions.

De tels développements ne laissent pas indifférent. Ils sont, à n’en point douter, annonciateurs du début d’une ère nouvelle. D’ailleurs, ces récentes transactions n’ont pas manqué de susciter des interrogations dans le milieu de l’industrie. «Is it the best time to exit?» Une question qui turlupine plus d’un en ces temps incertains. En tout cas, une chose est sûre : le secteur du global business est désormais dans une phase de consolidation, certains analystes allant même jusqu’à prévoir qu’au final, il ne restera que cinq Big Five dans ce domaine à l’international.

De par l’expérience accumulée et l’expertise développée au fil des années dans le global business, il est tout à fait normal que Maurice se retrouve sur le radar des grandes sociétés internationales. Les acquisitions stratégiques étant devenues le moyen par excellence pour ces firmes d’accroître leur présence globale et ainsi d’assurer la croissance de leurs activités.

Gageons que la présence de grandes enseignes internationales dans le centre financier local contribuera à faciliter la transition d’une treaty-driven jurisdiction vers un véritable centre financier international. Car c’est la seule voie possible face à une tendance mondiale visant à favoriser davantage les échanges d’informations et de moins en moins la culture du secret.

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