Pou pa sap dan karay tom dan pwalon

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Grotesque ! Comme si nous sommes prisonniers des Jugnauth et des Ramgoolam dans ce pays. Comme s’il n’y a pas d’autre choix possible. Donc, à écouter le leader du PTr, qui est déjà en campagne électorale, c’est sa personne qui représente l’alternance. Le rempart contre les dérives du MSM ? Le PTr avec lui à la tête. On pourrait en rire, tellement cela ressemble à de la tragi-comédie. Hélas, comme nous sommes dans un pays où même l’inimaginable devient envisageable, nous pouvons facilement, si nous n’y prenons garde, sap dan karay tom dan pwalon. 

Du reste, n’assistons-nous pas progressivement au retour de Ramgoolam qui se lance déjà dans la bataille du prime ministership ? «Vous devez comprendre pour qui voter aux prochaines élections. Elles ne seront pas ordinaires», assène-t-il, après avoir annoncé qu’il n’y aura jamais la création d’un autre PTr sans lui. Un missile envoyé directement dans le jardin des Boolell, Mohamed et Jhuboo, dont les prises de position indiquent clairement leur appartenance à une aile opposant celle des «Ramgoolamistes».

Quinze ans au pouvoir avec une désastreuse gestion (qui a inspiré l’actuel gouvernement), une politique de petit copain et petite copine (ce n’est sûrement pas la mise en scène milanaise qui nous convaincra du contraire), une sanction sévère du peuple qui, non seulement rejette son parti, mais l’éjecte brutalement de son siège de député aux législatives 2014... Et Ramgoolam croit toujours qu’il peut incarner le rôle de chef de gouvernement alternatif de Maurice !

Face à ceux qui nous font croire que la politique se résume à quatre blocs traditionnels ; face à ceux qui, hier encore, mettaient la main à la pâte dans la même cuisine et qui, aujourd’hui, en guise de volte-face, montrent vulgairement leur postérieur à l’Assemblée nationale ; face à ceux qui ont participé au démantèlement de la BAI et qui crient maintenant à pa mwa sa, li sa, laissant planer le doute d’une pratique de politique revancharde ; face à tous ces politiciens qui se nourrissent du système sur le dos des contribuables, il importe à nous, les citoyens, de réfléchir à ce que nous voudrions comme représentants du peuple dans un Parlement qui, grâce au direct, nous montre à quel point nous avons affaire à de grossiers personnages.

À l’heure où, en Afrique, en Amérique ou encore en Europe, le paysage politique change ; à l’heure où beaucoup en appellent à un Macron mauricien ; à l’heure où des réflexions sont amorcées ici et là, de la Mauritius Renewal Society (qui réclame un réveil citoyen) à toutes ces voix qui se font entendre pour un renouvellement de la classe politique, il est impératif d’encourager une vraie rupture d’avec ces politiciens auxquels nous ne nous identifions pas.

Ainsi, puisque le changement ne viendra pas de l’intérieur des partis politiques actuels avec leurs leaders autocrates, puisque ceux qui promettaient une autre manière de faire de la politique (MP, Reform Party) sont incapables de respecter leur parole, il est temps que ce pays respire hors de cet air pollué d’une politique bon marché qui nous abêtit et insulte notre intelligence.

Alors oui, il faut approuver la démarche d’hommes et de femmes sincères, intègres, honnêtes, visionnaires, qui ont réellement à cœur l’intérêt supérieur du pays, contrairement à ces politiques qui en ont fait juste une expression passe-partout.

Lors des dernières élections législatives, il y a eu çà et là l’émergence de quelques formations qui, malheureusement, furent broyés par le système, toutes les places étant réservées à quatre partis qui, depuis l’indépendance, imposent leurs règles. Et c’est ainsi que les autres mouvements alternatifs, défavorisés de par l’absence d’une réforme électorale, ont subi une injustice et une inégalité profitant aux alliances traditionnelles qui se partagent le pouvoir et l’opposition.

N’est-il donc pas judicieux que ces forces éparses, accompagnées par d’autres voix de bonne volonté, se regroupent et cristallisent leurs efforts autour d’une réflexion et action commune sur l’avenir de notre République ? Histoire de montrer qu’il n’y a pas de fatalité. Et que nous ne sommes prisonniers ni des Jugnauth, ni des Ramgoolam, ni des forces politiques traditionnelles. 

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