Le temps des mam profiteurs…

Avec le soutien de

Et dire que si le député Bhagwan n’avait pas levé le lièvre Sumputh au Parlement, provoquant des révélations sur ses salaires scandaleux de Rs 323 200, ce serait aujourd’hui business as usual. Et il n’y aurait eu aucune enquête sur les conditions de ce renouvellement de contrat qui ressemble à une manœuvre entre copains s’enrichissant sur le dos du peuple.

C’est dire que, malgré tous les grands discours de l’Alliance Lepep, cette nomination (une parmi tant d’autres contestables) n’est que l’illustration concrète de la continuité de la politique du copinage. Mais l’exemple ici a plusieurs enseignements car il démontre la grande influence des ministres sur les conseils d’administration, ainsi que les profits (pécuniaires) tirés par certains du haut de leurs responsabilités. En clair, comment les princes du jour et leur cour profitent à leur tour du système.

Ainsi, il s’avère que c’est un conseiller municipal du Muvman Liberater (ML) de la circonscription nº 20 (celle du ministre Gayan) qui présidait le board du Trust Fund for Specialised Medical Care – jusqu’à sa révocation – et qui a approuvé l’allocation de Rs 100 000 supplémentaires réclamée par Vijaya Sumputh. Le ministre Husnoo et le Premier ministre ne sont pas d’accord avec cette demande ? Rien à cirer ! Encore mieux, alors que le ministre Husnoo, détenteur du portefeuille de la Santé, avait recommandé un renouvellement de contrat pour une année sans augmentation supplémentaire, Sumputh eut droit à un contrat de deux ans, doublé d’une allocation de Rs 100 000, signé au mois de janvier mais avec un effet rétroactif pour le mois de décembre. Et comme si ce n’était pas suffisant : «Une nouvelle condition (dixit le ministre Husnoo) y est ajoutée, stipulant que s’il y a rupture avant la fin du contrat, les salaires pour la période restante doivent être versés…»

Si ce n’est pas un contrat en or sur la sueur du peuple, on se demande ce que c’est. Aujourd’hui, pour sa défense, Vijaya Sumputh clame qu’elle a eu des responsabilités additionnelles. De deux choses l’une, soit sa fonction d’avant (avec des salaires de Rs 200 200) lui laissait largement le temps d’avoir d’autres responsabilités (à ce moment, on se demande si elle n’était pas surpayée), soit elle est bien plus douée que nous tous et bénéficie de plus de 24 heures dans une journée pour faire de longues heures supplémentaires pouvant justifier une somme de Rs 100 000 pour des salaires de Rs 323 200. À croire que, quand on fréquente les allées du pouvoir, on peut tout se permettre, décider des largesses en puisant de nos fonds publics pour remplir des caisses personnelles.

Et quand l’affaire éclate au Parlement et que le ministre Husnoo décide de jouer la carte de la transparence, avec des révélations qui choquent, voilà que le ministre Gayan ne trouve rien de mieux à dire que «je suis déçu par le manque de solidarité d’un membre du ML». Pour résumer, à suivre la logique du ministre Gayan, Husnoo devait donc escamoter la vérité, cacher les informations auxquelles le public a droit, juste par esprit de camaraderie. Il est vrai qu’après nous avoir dit que Government is government and government decides, qu’après sa gestion décriée au ministère de la Santé (programme de méthadone, la guerre avec les ONG, bras de fer avec les médecins spécialistes du public…), et qu’après sa dernière observation sur Mugabe – «c’est un grand dirigeant africain», a-t-il assuré –, on ne devrait plus s’étonner quand Gayan ouvre sa bouche.

Ce qui étonne, c’est qu’il soit encore ministre, que le Premier ministre Pravind Jugnauth soit seulement choqué, et que son leader, Ivan Collendavelloo, ne trouve rien à redire de ses frasques indécentes… 

Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires