Ranieri jeté comme une vieille chaussette

Avec le soutien de

«Champion d’Angleterre et manager FIFA de l’année viré. C’est le nouveau football Claudio. Garde le sourire, mon ami. Personne ne pourra effacer l’histoire que tu as écrite.» Le message de soutien de José Mourinho à son homologue italien est fort. Il résume bien le désarroi des fans de foot qui ont le cœur qui saigne depuis le limogeage de Claudio Ranieri.

Quelle ingratitude ! Neuf mois à peine après avoir mené Leicester City à un Graal footballistique dont les dirigeants thaïlandais n’auraient jamais rêvé, Claudio Ranieri a été remercié. D’un simple claquement de doigts. Comme un moins que rien. Jeté comme une vieille chaussette.

L’homme qui a plus fait pour ce club en un an qu'aucune autre personne avant lui a donc été viré sans ménagement. Il y a de quoi être amer. Pour Vichai Srivaddhanaprabha (58 ans) fondateur et président de King Power, une société de duty free, quatrième fortune de Thaïlande, la logique financière passe donc devant toute autre considération. L’humain passe en dernier.

L’empereur thaïlandais du duty free ne vend pas de biscuits, lui, certes, mais comprend-il le football ? A-t-il bien choisi le timing (entre deux matches de Ligue des champions) ? En cas de descente en D2, son club perdrait £ 100 millions. Ok, on a compris, n’en jetez plus la coupe est pleine… de billets verts.

Pas de temps à perdre pour les dirigeants, la course à la succession de Ranieri a déjà commencé : Roberto Mancini est le favori des bookmakers à 6-4 devant l’ancien manager des Foxes Nigel Pearson, suivi d’Alan Pardew, Guus Hiddink, Neil Lennon, Franck de Boer et Gary Rowett. Sa mission sera simple : 13 matches pour les sauver de la relégation.

Lors de notre reportage à Leicester, l’année dernière, dans le sillage du sacre historique des Foxes, c’est un Claudio Ranieri apaisé et détendu qu’on a croisé, pour sa dernière conférence de presse de la saison, après le match Chelsea-Leicester (1-1), à Stamford Bridge. Un personnage charismatique et brillant. Attachant. Très humble. Incroyablement populaire dans les rues de Leicester. En neuf mois, il passe pourtant du statut de héros à  celui dezero pour ses anciens boss.

Il a perdu la main sur son vestiaire. Sa clochette qui faisait Dilly ding dilly dong’ s’est cassée. La parenthèse glamour se referme brutalement, comme pour mieux confirmer que ce conte de fées était contre nature. Il n’y a plus beaucoup de place pour le romantisme dans le football actuel. Au moindre vent contraire, c’est la guillotine assurée.

Sauf pour Arsène Wenger, que ses propres supporters veulent voir dehors chaque saison, mais qui se maintient inexorablement alors qu’il n’a plus été champion depuis 13 ans… Le Français est sans doute l’exception qui confirme la règle. 

Enfin, quel contraste avec José Mourinho, qui avait perdu son job à Chelsea, la saison dernière, après une dernière défaite contre le Leicester de Claudio Ranieri ! La roue tourne décidément vite. De quoi nous rappeler de profiter au maximum de bonnes choses du present, puisqu’on ne sait jamais de quoi demain sera fait…

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