Rupture et dignité

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L’express a, une fois de plus, fait une grossesse aux propagandistes. Ceux, payés ou achetés pour défendre le gouvernement Lepep, accouchent, ces jours-ci, d’un drôle de reproche : que notre journal invente ou oriente des informations par rapport aux biscuits Hanoomanjee. Il manquerait plus qu’ils disent que nous sommes à la solde du leader de l’opposition ou de Roshi Bhadain, qui ont fait des biscuits Hanoomanjee leur plat de résistance depuis qu’ils ne mangent plus à la même table ou cuisine des Jugnauth ou de leurs proches.

Ce qui se passe c’est que l’information autour des biscuits vendus aux boutiques hors taxes s’avère aussi gênante que les contrats Dufry-Frydu du temps du duo Nandanee Soornack-Rakesh Gooljaury à l’ère de Navin Ramgoolam. Tout comme l’information gêne ces aliénés de la presse libre et indépendante qui font de la promotion ou de l’échec (c’est selon en fait !) leur sacerdoce quotidien. L’express ne fait pas de l’opposition systématique ou opportuniste, comme le font MM. Duval et Bhadain.

Le développement d’un pays et l’éclosion d’une nation dépendent d’un état d’esprit, d’une attitude dans toute la population, y compris au sein de l’opposition. On le répète : la tâche que nous nous sommes donnée à l’express est d’amener le pays - et non pas les propagandistes, encore moins les opportunistes - à devenir development conscious. C’est, on l’admet, un conditionnement de l’opinion. Cet effort patriotique ne dépend pas de l’identité du gouvernement, de l’opposition ou d’autres encore. Il est au-dessus d’eux. Nous comprenons, dès lors, que nos propos puissent gêner plus d’un, même, ou surtout, ces pseudo-vierges.

***

L’universitaire Edward Said met souvent en avant que la mission des intellectuels est de ‘break down the stereotypes and reductive categories that are so limiting to human thought and communication.» Noam Chomsky, autre activiste de la pensée sociale, avance, sans détours. «it is the responsibility of intellectuals to speak the truth and to expose lies.»

Les citations de ces deux penseurs, qui se sentent d’une mission de service public, davantage peut-être que les politiciens de leur pays, nous sont rappelées par Roukaya Kasenally, Sheila Bunwaree et Manisha Dookhony, qui présentent plus loin, dans la page Tribune (p. 7), les grandes lignes de leur projet d’un think-tank national, le Mauritius Society Renewal. Selon elles, il y a lieu de réinventer notre République, en prônant une rupture, une vraie.

Comme Jean-Marie Cavada nous le disait cette semaine la politique doit être l’affaire de toutes et de tous les citoyen(ne)s. Il faut s’en mêler même si c’est sale et dénoncer tous ces politiciens qui ont pris le système en otage, qui ont fait de la politique locale leurs fonds de commerce (en ne laissant même pas les miettes de biscuits aux autres) ou des affaires de famille - de grand-père à petit-fils.

Les universitaires Kasenally, Bunwaree et Dookhony ont raison de proposer un différent modèle alors que nous nous approchons des 50 ans de notre indépendance. «That Mauritius has come a long way on its development agenda cannot be denied but there is now a strong sentiment that the country is stagnating and that political leaders are more inclined towards chasing power for power’s sake rather than using it to deliver development and improve the lives of the people. Mauritius Society Renewal will therefore attempt to foster a normative societal project with the purpose of achieving an ethical, inclusive and more just society (...) In other words the focus of the renewal will be the right to a dignified life for ALL.» On ne peut que vous souhaiter bonne chance, mesdames. Vous pouvez compter sur notre soutien.

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