Palab ek alternative

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L'ambiance dans les rangs de l'opposition ? Des intérêts communs donnant naissance à une «action unie» Bhadain-Duval ; des parlementaires rouges qui, malgré leur résistance, n'ont pu faire barrage à la présence de Ramgoolam à la manifestation de Port-Louis ; un MMM qui déclare la guerre aux autres partis, à l'exemple de cette décharge lancée en direction du nouveau couple Bhadain-Duval, qualifié de clowns par Bérenger hier ; et un Mouvement patriotique qui passe son temps à démentir tout rapprochement tantôt avec le gouvernement, tantôt avec le MMM. C'est dire sa crédibilité !

Reste le point commun entre ces différents partis opposants. Chacun, profitant de l'impopularité d'un gouvernement qui chasse les transfuges pour conforter sa majorité, cherche à séduire les citoyens par tous les moyens et prétend représenter l'alternance. Tous veulent soit devenir Premier ministre, soit faire partie du prochain gouvernement. Désormais, Bhadain, qui se présente comme la voix de la jeunesse, mâche le slogan familier «Bizin sanzman». Après nous avoir donné une nouvelle version de «pa mwa sa li sa» (comprenez par-là Lutchmeenaraidoo) dans l'affaire BAI, dont il veut se dédouaner, le député du nº 18 affûte ses armes, promet «la faya» à la prochaine rentrée parlementaire, affiche son ambition de faire tomber le gouvernement de Pravind Jugnauth, et va jusqu'à affirmer que des élections générales anticipées auront lieu en 2018.

Si Bhadain peut compter sur Xavier-Luc Duval qui l'a invité à rejoindre le front bench de l'opposition pour qu'ensemble il y ait une cause commune sur le plan de l'opposition, il semble (pour l'heure) que le MMM ne va pas se laisser guider par le pas de deux de ce nouveau duo dansant ensemble un tango revanchard envers les alliés d'hier devenus des adversaires du jour. En déclarant que son parti ne veut pas avoir affaire à ces «bibelots parlementaires», en affirmant que «Duval panique et qu'il a été chercher du secours auprès de Bhadain», que les deux «disent n'importe quoi», Bérenger affiche clairement sa position. Le MMM ne fera aucune cause commune, que ce soit avec le PMSD ou le nouveau Reform Party de Bhadain. En tout cas, il ne contribuera pas à la construction d'une opposition unie et ne répondra pas à l'appel de Duval qui l'a invité sur le front bench de l'opposition.

Outre le MMM, c'est le comportement des députés rouges qu'il faudra surveiller. Si d'aucuns estiment que le PMSD a quitté le pouvoir pour retrouver son ancien allié travailliste, d'autres pensent qu'avec un PTr débarrassé de son leader, toutes les options deviendront possibles pour les Rouges. Sauf que l'ancien Premier ministre, qui n'ignore pas que son départ est souhaité, même à l'intérieur du parti, s'accroche plus que jamais à son siège. N'a-t-il pas lui-même déclaré, il y a 15 jours, que le gouvernement actuel veut se défaire de lui pour conclure une alliance avec le PTr mais que «tan ki mo la, na pa pou ena sa» ?

Peu importe si ce message est effectivement adressé au gouvernement ou au MMM, dont le leader, semble-t-il, caresse le rêve de faire une alliance avec le PTr sans Ramgoolam, le constat est le même : Ramgoolam, qui joue le rôle de martyr, avec pour toile de fond une politique de règlement de comptes, croit en sa légitimité de se positionner en alternative et s'est débattu pour marcher aux côtés des manifestants dans les rues de Port-Louis. Alors qu'au départ, cette mobilisation concernait uniquement les parlementaires.

Et pendant que tout ce beau monde rêve de prendre la place des actuels dirigeants, pendant que les petits calculs se font et se défont, pendant que ceux-là ne voient que pouvoir et alternance, pendant qu'ils palabrent et brûlent ce qu'ils ont adoré hier, pendant que certains se découvrent de nouvelles affinités, l'action concrète, la vraie, celle qui mean business, est à mettre au crédit de Rezistans ek Alternativ dont il faut saluer le courage.

Encore une fois, la bouffée d'air frais est venue de cette bande (suivie tardivement par le PMSD qui a découvert qu'il fallait également entrer une action en cour) qui ne perd pas son temps en vociférations inutiles. Ayant constaté que ce changement au sommet de l'État est anticonstitutionnel, Rezistans ek Alternativ a eu recours à la justice pour contester cette passation de pouvoir décriée par tous. Contrairement à d'autres, Ashok Subron et les siens gagnent le respect des citoyens.

Chapeau bas !

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