SI SEULEMENT…

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Si seulement ce gouvernement pouvait relire son manifeste électoral de 2014 !

Si seulement…

Il trouverait, en page 5, une affirmation que le pays doit «changer», et qu’il faut retrouver une île Maurice débarrassée de la «fraude, la corruption, le copinage»…un pays ou primerait «l’égalité des chances» ! Madame Choomka a lu ? Et Madame Hanoomanjee ? Sur cette même page on faisait un constat : «Le chômage traumatise la jeunesse, l’insécurité est préoccupante, différentes formes de MAFIA, tant dans le business que dans l’éducation, la santé et les courses hippiques se sont installées…» C’est sans doute un de ces mafieux qui kidnappait le 1er rapport sur les courses qui n’a jamais été publié ? Et qu’a-t-on fait des mafias dans les autres secteurs ? On a nommé Trilochun ?

Si seulement ce gouvernement (notre gouvernement jusqu’aux prochaines élections !) pouvait mettre de côté sa fixation pour ses ennemis politiques et ses initiatives multiples pour régler leurs comptes, se détendre un peu, et remplacer vigoureusement son désir de nettoyer à tout prix par une volonté de construire à la place ; il pourrait peut-être encore trouver quelques forces pour mieux s’occuper du pays, de l’économie, du bien-être de sa population ?

Si seulement notre gouvernement, enfin le gouvernement un peu éclopé qui nous reste, pouvait relire la page 6 de son manifeste dont il a tant fait la promotion lors de sa campagne électorale, il pourrait, peut-être, d’abord être grisé, puis convaincu par ses propres paroles ?! Il y lira, par exemple, que l’alliance Lepep propose une équipe «profondément attachée aux valeurs démocratiques» (il n’y était pas écrit que seul le PMSD incarnait cette valeur…) et que le développement socio-économique se ferait dans la «justice sociale, l’unité nationale et le partage équitable du gâteau» et il arrivera peut-être ainsi à la conclusion que les nouveaux salaires de ministres (encaissés parfois en sus de pensions grassouillettes, de per diem indécents et de repas cinq-étoiles coûtant Rs 300 par mois !) sont, quelque part, en contradiction avec des promesses ? 

Si seulement il poursuivait la lecture de cette page 6, il se retrouverait en phase avec le plan Marshall, dans l’affirmation du «combat contre la pauvreté», mais pataugerait par contre à reconnaître la promesse de «la méritocratie, une économie dynamique, une démocratie consolidée». à la place de la méritocratie, on a plutôt pratiqué le contraire, avec des louches pleines de «nou bannisme» ; l’économie, pour satisfaisante qu’elle soit à 3,7 % de croissance annuelle, aurait pu être tellement meilleure et la démocratie consolidée n’a vu ni MBC libérée, ni de nouvelles licences de radio ou de télévision, ni une réforme électorale progressiste (on l’avait d’ailleurs confiée à XLD, celle-là…), ni de Freedom of Information Act, ni de loi anti-transfuge (Eh oui !!), ni de Financing of Political Parties Act, ni de limite de mandats, ni de Declaration of Assets Act qui seraient «rendues publiques». 

Nous avons dû nous contenter de débats parlementaires désormais télévisés…

Si seulement les membres du gouvernement arrivent jusqu’à la page 7, ils trouveront les 12 commandements auxquels ils se sont assujettis. Parmi, ils trouveront qu’ils «gouverneront pour le peuple… dans l’intérêt de toute la Nation, pas pour nous, ni pour un petit groupe d’amis, d’agents politiques, de copains ou de copines» et s’étant, alors, étranglés à divers degrés, ils se rappelleront avec nostalgie du temps où il était plus facile de blâmer les Soornack, Gooljaury, Sungkur et Woochit de «leur» monde à eux – celui des rouges !

En poursuivant, ils pourraient être impressionnés par le fait qu’ils sont effectivement élus pour faire la politique «autrement», avec «discipline, transparence redevabilité et une gouvernance exemplaire» et peut-être regretter ce qu’ils ont fait à Megh Pillay, à Ajit Boolell ou à l’ancien magistrat A.K. Ujoodah. Ils apprendront que l’embauche sera fondée sur «l’ouverture, la transparence et le mérite». Ils reconnaîtront que la promesse a été de faire du pays «un endroit plus sûr, plus sécurisé, de même pour les touristes» et qu’il y aura «zéro tolérance envers la criminalité». Toutes les formes de criminalité ! Ils prendront acte qu’ils libéreront notre société «du favoritisme, du népotisme, des mafias et des ingérences politiques» et ils s’y reconnaîtront parfois ? Peut-être ? Ils prendront connaissance avec effroi qu’ils ont promis «un code de conduite pour les responsables politiques et les ministres» et qu’il y a eu, depuis, le prêt en euros de Vishnu, les balles de couleur de Dayal, le comportement irresponsable de Thierry Henry, la séquestration/menace des officiers de Dufry par trois ministres, les factures impayées de Soodhun et de Hanoomanjee… Ils constateront qu’ils ont aussi pris l’engagement de réduire la dette publique (pas une réussite !), de «réduire le fossé entre riches et pauvres» (c’est fait ?) et qu’ils ont pris le pari de «réaliser un deuxième miracle économique» (ça vient toujours…). Ils établiront que parmi leurs promesses, ils ont promis des «référendums obligatoires pour des questions cruciales concernant l’état» (comme la transmission du pouvoir d’Anerood à Pravind Jugnauth, par exemple ?) et qu’ils ont malheureusement annoncé qu’ils «légiféreront pour combattre le transfugisme» – juste au cas où ils souhaiteraient retrouver leur majorité de trois quarts par ce moyen odieux.

 Si seulement ils poursuivaient en page 8, ils seraient sans doute fiers de prendre connaissance du fait qu’ils ont garanti «la liberté d’opinion» et que (que c’est joliment dit !) «Tout citoyen sera libre de démontrer publiquement son appartenance politique sans crainte de sanction, de discrimination ou de harcèlement de la part du gouvernement». Allons, bon !

Si seulement ces seules quatre pages étaient suivies à la lettre, nous ne pourrions plus contredire Paris Hilton : nous serions vraiment arrivés au paradis !

Et si des fois, il manquait des copies dudit manifeste électoral de novembre 2014, intitulé «GOUVERNER POUR LE PEUPLE, AVEC LE PEUPLE», nous en possédons une copie originale et serions prêts à imprimer et à distribuer, gracieusement, 42 copies, sur requête… 

Onze copies de plus pourraient d’ailleurs être considérées pour le nouveau leader de l’opposition et son équipe. Afin qu’ils puissent demander des comptes à leurs anciens collègues et, des fois… à eux-mêmes ?

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