JE SUIS CONTRE !

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Etre « contre » peut être une grave maladie si elle devient trait psychique de tout un peuple, automatisme de circonstance, positionnement irréfléchi face à tout ce qui change, tout ce qui est moindrement dérangeant pour le statu quo. 

Etre « contre «  peut, par ailleurs, tout autant être une force de remise en question positive et donc de progrès.

Ce qui différencie la première posture de la seconde, c’est sans doute, dans le premier schéma, l’absence de la raison et de sa petite sœur, la bonne foi.

On ne peut pas être, par exemple, systématiquement, contre ce qui assure le développement  (les hôtels sur la plage, le foncier en général, l’offshore des autres).On ne peut pas s’opposer, par pure idéologie, a la motivation pécuniaire de ceux qui entreprennent et que l’on désigne péjorativement de « fat cats «, inclus les propriétaires de grosses cylindrées ou d’IRS et les étrangers en général. On ne peut pas les détester de facto - sauf quand on peut potentiellement les plumer – On ne peut pas être contre le développement du port ou de marinas au motif que cela va impacter la vie dans le lagon   et, en même temps réclamer de bons emplois, solides, avec des perspectives d’avenir, sans jamais être précis sur ce qui constitue cette alternative.  

Ce n’est tout simplement pas honnête !  Bien sûr que nous avons, a des degrés variables, tous une conscience écologique , bien sûr que nous préférions tous de l’eau pure, de l’air non pollué, des chauve-souris qui foisonnent, des forets qui bruissent partout , des lagons débordant de vie , mais le vrai problème , ce n’est pas le développement , mais ceux qui l’entreprennent ou ceux qui en jouissent. De manière cochonne.

Je vois une rivière passer devant chez moi chaque matin. Elle charroie de tout : du linge trop élimé, des bouteilles en plastique, des langes de bébé….

 Cette incurie, cette indiscipline, c’est le fait d’hommes et de femmes, a priori comme vous et moi. C’est aussi nous  qui  pillons nos lagons, polluons nos ruisseaux avec des déchets industriels et qui jetons, de manière aussi délibérée que criminelle, nos détritus en bordure de route. Plutôt que d’être epidermiquement « contre «  le développement, on peut et nous devons en faire  davantage pour améliorer  notre ordinaire , mais il nous faut surtout être « contre «  les inconscients parmi nous qui  donnent un mauvais nom au développement , de quelque manière que ce soit. 

Essayons d’illustrer : on peut raisonner et se dire être contre Heritage City parce que cela ne représente nullement une priorité nationale du point de vue de la dépense engagée. On peut, autrement, être « contre «  parce qu’on est sommairement et viscéralement contre Lepep avec qui on n’a pas trouvé de « boute «. Les deux attitudes ne pèsent surement pas du même poids. On peut raisonner et se dire, comme Maxwell Stamp et d’autres, que le gouvernement et le CEB devrait investir dans un avenir avec moins d’hydrocarbures – même si cela coute temporairement plus cher. On peut, autrement, être « contre « ce qui coute plus cher à la poche ou, comme Trump, se convaincre, que de toute façon,   bruler le charbon ou le gaz n’affecte pas la planète et que les « experts » scientifiques sont des rigolos. Quelle attitude est la progressiste d’après vous ?

On peut raisonner et se dire être contre les lois faites pour règlementer la folie des hommes (comme le POTA actuellement, ou le Integrity Reporting Bill en décembre 2015) au motif que ces lois seront peut-être, un jour, entre des mains d’autocrates ou d’irresponsables qui les utiliseront pour régler leurs comptes. On peut, autrement, simplement se déclarer « contre « parce qu’il s’agit de « banne la «, même si soi-même on sera le premier à tempêter que l’on n’ait « rien « fait pour contrôler les terroristes ou les pourris du système, si d’aventure on subissait, un jour, les contre coups d’un de ceux-là.….

 *  *  *

 On a été, à l’époque, « contre «  la route nationale, la M1. On n’avait pas beaucoup réfléchit ou anticipé, peut-on dire maintenant. Sarcastique, on avait même jeté ceci à la figure de SSR : «  Qu’est que vous allez faire rouler dessus, des charrettes ? ». 

On a été, plus près de nous, contre le cyber cité de Jugnauth-Berenger, arguant, une fois encore à partir d’une tiède extrapolation du passé, que les « terres les plus fertiles du pays «  avaient été ainsi sacrifiées et émasculées. 

J’ai inclus Bérenger, parce qu’évidemment il a fallu, en amont, que se concrétise  le « deal «  Illovo que certains ne voient qu’à travers la lorgnette très réductrice des taxes que le pays aurait pu avoir touché ! Sauf que, bien entendu, le maintien de toutes les taxes n’auraient alors mené a aucun « deal » et, partant, a aucune cyber cité ….

Il y aura, de toute manière, toujours des gens qui seront « contre «, l’une chose ou l’autre. C’est la liberté d’opinion en démocratie qui veut cela .Même si parfois certaines opinions sont moins réfléchies que d’autres, et qu’elles fusent derrière les mots «  Moi, je pense que ….. », alors qu’il n’y a, en fait, aucune réflexion en amont…. On ne peut empêcher cela, a moins de dériver vers le totalitaire, ce qui serait bien pire. Le propre de ceux qui prennent les décisions, c’est de vérifier un maximum de faits, de raisonner, de ne pas se tromper sur les objectifs (ils ne doivent jamais s’arrêter aux intérêts étroits des individus face au bien être général et ils ne sauraient jamais s’aligner sur des intérêts partisans aux dépens du devenir de la nation) et quand convaincu de son jugement objectif, d’avancer, quel que puisse être les jacassements en bordure de route. La caravane, les chiens …

Voyez Merkel face à l’immigration syrienne et comparez aux zigzags multiples de Hollande

 

Je suis « pour » un Port Louis débarrassé de ses marchands ambulants et contre le diktat de la rue qui les ramène sur les trottoirs.

 Je suis pour un système de transport public style métro express qui se tient économiquement. Je suis pour les énergies renouvelables face au gaz ou au charbon. Je suis pour une eau plus chère qui rend nos robinets utiles 24/7. Je suis pour la méritocratie et le mauricianisme. Je suis pour bien d’autres objectifs. Je suis, au moins, contre le gaspillage, la bureaucratie inutile, l’injustice, les grappilleurs de « boutes », les menteurs, les petits esprits, les marchands de drogue, les politiciens hypocrites, les mercenaires de tous poils, ceux qui n’ont jamais trouvé d’empathie pour moins fortunés qu’eux-mêmes…

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