Politique. La loi du plus fort

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Le gouvernement britannique a tranché. Les Chagossiens ne seront pas autorisés à retourner sur leur terre natale. Le gouvernement autonome rodriguais a, lui, décidé de rejeter la proposition de réformer le système électoral régional, à moins que certains amendements n’y soient apportés.

Chez nous, le plus grand de tous les politiciens avait conclu en 2014 une alliance avec le PTr contre une «bonne» réforme électorale. Mais celle-ci servit d’appât à son grand allié pour pêcher le gros requin qu’il représentait et finit par les conduire tous deux sur les récifs des élections de 2014.

Aux États-Unis, Donald Trump a remporté la présidentielle, la semaine dernière, grâce au vote des «grands électeurs» – ce, même en ayant perdu les élections populaires. Les citoyens élisent d’abord les grands électeurs qui, à leur tour, choisissent le président et son vice-président.

Ce qui montre que les citoyens passent pour des imbéciles aux mains des décideurs politiques lors des élections. Malgré la démocratie, l’Assemblée régionale de Rodrigues et la présidence des États-Unis nous démontrent que nous ne sommes que des amateurs qui se font mener par le bout du nez.

La Grande-Bretagne ayant décidé de manière unilatérale de refuser aux Chagossiens le retour dans leurs îles natales, bien que l’ONU lui ait demandé de trouver avec Maurice une solution au problème, cela prouve que nous sommes quantité négligeable.

Pour se donner bonne conscience, le gouvernement britannique a soutenu qu’il compte améliorer les conditions de vie des Chagossiens. En déboursant pour eux une somme de £ 40 millions (soit Rs 1,8 milliard) sur une période de dix ans.

Constitution en heritage

Il faut aussi se rappeler que les Chagos furent excisés contre l’assurance d’obtenir l’indépendance. Aujourd’hui encore, les Chagossiens et leurs descendants sont tenus de considérer sir Seewoosagur Ramgoolam comme le «Père de la Nation». Et eux, ils sont des exilés.

Il faut toutefois reconnaître que les Rodriguais ont plus de fiel que les natifs de Maurice. Eux, ils savent marchander leur autonomie. Ils n’accepteront pas ce que le grand frère veut leur imposer.

En sus de cet imbroglio, la Grande-Bretagne nous a laissé en héritage une Constitution selon le principe «divide to rule», avec la division de la population sur une base ethnique et bien d’autres failles. Après 48 ans d’Indépendance et 24 ans de République, aucun politicien n’a trouvé nécessaire de doter le pays d’une nouvelle Constitution qui répondrait mieux aux réalités mauriciennes et non britanniques. Une réforme électorale ne pourra se faire qu’à cette condition.

Quid du Directeur des poursuites publiques (DPP) ? Pas uniquement celui qui est en poste actuellement, mais tous ses prédécesseurs. Comment quelqu’un peut-il détenir autant de pouvoir sans qu’il ait à rendre compte à qui que ce soit, sans qu’il ait à motiver ses décisions, dans un pays qui prône la justice ?

Comment parfois le DPP peut-il prendre des mois avant de déclarer que l’enquête de la police ne contient pas assez de preuves pour conduire le prévenu aux tribunaux ? Comment, dans d’autres cas, peut-il le faire en temps record (l’affaire Michaela Harte) sans que ses preuves ne soient acceptées pour autant par le tribunal ?

Pour en revenir à la présidentielle américaine, soulignons que dès l’annonce des résultats, Bashar al-Assad, le président de la Syrie, a été un des premiers à féliciter Donald Trump. En affirmant que ce dernier se mettra de son côté pour lutter contre l’État islamique, conjointement avec la Russie.

Ceux qui ont voté pour Hillary Clinton doivent se dire que les élections présidentielles devraient se limiter au vote populaire et donc direct. Dieu sait combien Bashar al-Assad est contesté par ses concitoyens, comment sa soif de rester au pouvoir a conduit son pays au marasme actuel. Combien de morts et de blessés ont payé le prix fort par sa folie… Voilà comment la Constitution d’un pays peut mener au chaos.

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