Une colère libératrice du système actuel ?

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Quand le «Metro Express» viendra, vous aurez une belle vie. C’est ce que promet Showkutally Soodhun aux marchands ambulants.

Quoi qu’en dise le «ministre des Plaintes» – pour citer notre collègue Anju Ramgulam – plusieurs vidéos, «comments», et journalistes le notent : la colère gronde dans la rue. À Plaine-Verte comme ailleurs. En Europe, aux États-Unis, en Afrique, nous observons, grâce aux yeux pluriels de la presse, la montée de ce que l’on appelle communément la politique de la colère du peuple.

Selon plusieurs études d’ordre sociologique, le visage commun de la colère, «c’est la frustration». C’est une frustration contre plusieurs entités et comportements : élites politiques, économiques, groupes d’intérêts, propagandistes d’une pensée populiste, etc.

Qu’une crise provoque de la colère politique, comme celle que nous témoignons (malgré les démentis ministériels), ce n’est guère surprenant. Surtout que le changement, la transformation de notre système politique, se fait attendre.

Comment devrait-on réagir à la politique de la colère ? Il nous faut prendre la mouvance au sérieux, ne pas tenter de la limiter à une dizaine de marchands ambulants en colère contre le vaillant Anwar Husnoo, le gentil médecin de famille du quartier récupéré par la realpolitik. La politique de la colère n’est pas en marge de la société mauricienne, elle ne disparaîtra pas d’elle-même si on occulte les causes profondes.

Selon les scientifiques Christophe André et François Lelord, la colère c’est l’animal en nous. «Quelques heures après sa naissance, le nourrisson affamé et frustré l’expérimente déjà (...) l’explosion colérique est un signal d’alerte périmé, qui survit dans une partie du cerveau émotionnel.» Et la société réagit comme l’humain. Elle se lève d’un coup, surfant sur une seule vague. Celle de la colère contagieuse.

***

Peut-on gaspiller une «bonne» crise ?

Pour comprendre le complexe Parisot (développé récemment; qui a parasité nos représentants politiques à la visée courte) et la colère qui a marqué Plaine-Verte jeudi soir, et partant les actus de ces jours derniers, il nous faut, peut-être, considérer le contexte plus large, soit l’usure spectaculaire – en moins de deux ans – du gouvernement Lepep. Celle-ci a été provoquée ou accélérée par les promesses non concrétisées : création de milliers d’emplois, l’absence de la réforme électorale dans les débats actuels, l’oubli d’une Freedom of Information tant martelée en campagne électorale, le bafouement permanent du concept d’Equal Opportunities, le nonrespect d’une Freedom of Expression, les menaces à peine voilées contre la presse libre et indépendante (un des points cardinaux d’une démocratie en bonne santé), la flambée de drogues dures, des signes de pratiques mafieuses... La liste est longue.

Au-delà des causes profondes ou conjoncturelles, la question à être débattue : cette colère notée est-elle maladie ou symptôme ? Car des fois, la colère peut être engendrée par une pensée révolutionnaire – qui est en fait «un rempart contre l’injustice dynastique ou sociale»...

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