Supplices et suppléances

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Ce n’est plus un simple jeu de «musical chairs». C’est devenu un exercice périlleux. Après avoir fait son show grotesque sur la MBC, Showkutally Soodhun passera bientôt la main à Xavier-Luc Duval comme Premier ministre suppléant. Si aux premiers jours de Lepep, c’était un grand honneur d’assurer l’intérim, événement qui était alors filmé sous tous les angles par des caméras complaisantes, tel n’est manifestement plus le cas. Dans le présent contexte, remplacer sir Anerood Jugnauth équivaut à marcher sur une corde raide, sans filet de protection.

Qu’il soit le tapageur Soodhun, l’opportuniste Duval, ou le «sleeping chihuahua» Collendavelloo, le remplaçant de sir Anerood doit démontrer, dans une seule et même foulée, sa loyauté totale envers le titulaire (dont la bonne étoile brille actuellement en Inde), tout en essayant de ne pas faire de l’ombre au fils (qui est, lui, à la recherche d’une bénédiction du Vatican et du pape), et, finalement, essayer de démontrer ses propres capacités à remplir le fauteuil suprême, tout en tâchant de ne pas donner l’impression d’être un suppôt des Jugnauth aux yeux du public.

Outre l’usure du pouvoir – après moins de deux ans, c’est quand même spectaculaire ! – l’équilibre est rendu encore plus difficile à atteindre en raison de la tension qui existe entre les membres de Lepep. Le récent licenciement de Megh Pillay, l’explication y relative de Marc Hein, la présidence version Ameena Gurib-Fakim, le transfert de son bras droit Dass Appadu et la série de ministres qui vont discuter à l’étranger, sont révélateurs du mal qui ronge cette alliance.

Au Parlement ce mardi, le leader du PMSD a eu toutes les peines du monde pour lire, sur la feuille remise par le PMO, que SAJ «était au courant des profondes divergences entre le board d’Air Mauritius et Megh Pillay». Cette réponse est communiquée au Parlement en l’absence du Premier ministre au pays. Pourtant, ce même sir Anerood Jugnauth avait déclaré, en pas moins de deux occasions, qu’il n’était pas au courant d’un conflit entre le CEO (qu’il avait personnellement choisi) et le conseil d’administration d’Air Mauritius. «MK tom sou mwa mé mo pa dan board.» Peut-être devrait-on attendre le retour du PM pour savoir which is which ?

Mais questionnement plus important encore : SAJ nous dira-t-il, une fois pour toutes, quand il compte passer la main à son fils ? Afin que l’on sache, une fois pour toutes, à qui on a affaire. Actuellement, quelques personnes profitent du flou… pour pourrir le mood au sein de notre beau pays 

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