«Si notre gouvernement était une entreprise privée…»

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«What is what ?», «Who is who ?», me disait hier un ami à qui je tentais de résumer la situation politique post-Heritage City. Pour dire le moins, la situation est confuse – surtout entre un Premier ministre de plus en plus isolé et ses principaux ministres qui nous donnent l’impression de vouloir pousser sir Anerood vers la sortie. Va-t-il s’en aller sous la pression ou, au contraire, va-t-il s’accrocher à son fauteuil ? Il y a, dans la presse et sur la Toile, plusieurs analyses, les unes plus fines que les autres. Si certains estiment que sir Anerood ne compte pas abdiquer, qu’il s’en ira le moment choisi par lui, d’aucuns avancent qu’il essayerait de toucher le graal avant de quitter la scène politique. Comprenne qui pourra.

Cette semaine, on pensait, à tort, que le PM allait soutenir, envers et contre tous, le projet Heritage City monté pour lui par Roshi Bhadain et Showkutally Soodhun et conçu à Dubayy. Mais mardi, lors de la réunion décisive, le Premier ministre, mis devant les faits relatifs au montage financier, et réalisant qu’il est isolé sur toute la question, n’a eu d’autre choix que de reculer.

Pourtant, le «back-pedaling» n’a jamais été le fort de sir Anerood.

On l’a dit hier : Heritage City est devenu le reflet du dysfonctionnement du gouvernement Lepep. Cela fait, en effet, plus d’une année qu’on perd du temps et de l’argent public en tournant ainsi en rond et en zigzag autour de ce qui était, à l’origine, le Highlands Project – né il y a une quinzaine d’années dans le sillage du Illovo Deal.

Mais, au-delà des atermoiements de certains, on aura surtout vu un sir Anerood acculé qui a dû concéder la défaite, la queue entre les jambes face à des chihuahua politiques de son propre camp. Voilà un homme au passé glorieux, qui a porté l’Alliance Lepep sur ses épaules en décembre 2014, qui n’arrive pas, deux ans plus tard, à diriger son équipe, et qui se voit contraint de battre en retraite.

Dans les analyses, on occulte trop souvent la pensée profonde de l’homme, de son entourage immédiat, et du poids de l’âge sur son «decision-making process».

Vu d’une perspective purement citoyenne, la conjoncture politique est diversement commentée. Nous avons choisi quelques florilèges de citoyens dont les points méritent, selon nous, d’être diffusés… Les noms de ceux qui formulent ces opinions importent peu. C’est leurs propos qui importent. Au travers d’une «non-attribution policy», voici quelques points de vue intéressants à plus d’un titre :

 Citoyen A : «”Back-pedaling” conjures up images of artists on a one wheeled bicycle in a circus. The business of this government so far can be judged by a certain frivolity that we can experience in a circus. Irrefutable examples are found in the flesh of the one who wishes to be a slave, ably supported by a former champion of meritocracy, Gayan. Not far behind is the maverick and imperious Bhadain. Going back to our artists on that one wheeled bicycle: the wheel goes forward, then backwards, then in circles in a din of amazement at such dazzling skill. Do we honestly deserve to be entertained in that farcical fashion for nearly 50 years?»

▪ Citoyen B : «If ever Mauritians needed any (more) proof that Sir Anerood Jugnauth has nothing to do with what is described as our «economic miracle” in the late 80s/early 90s, they simply need to reflect on the series of blunders committed by SAJ and his team since December 2014. SAJ was lucky in that he was PM (1983-95) at a time when Mauritius benefitted from huge FDIs coming our way because of various factors that have nothing to do with him (political stability here coupled with political uncertainty in Hong Kong, peaceful population, reliable legal system, excellent climate, preferential access for our products to EU & other countries, cheap labour etc..).

How can one qualify a Prime Minister who gave his full backing to the Heritage City project for more than a year and is now backpedaling on the basis that all costs had not been factored in? On what basis did he endorse the appointment of Stree Consulting?

SAJ cannot avoid his own massive responsibility in this failure by trying to put all the blame on Roshi Bhadain. He can always say «pa mwa sa, li sa», but the population knows that he is the prime responsible... In any private sector company, if a CEO endorses such a costly project without proper and full analysis, he would be sacked. SAJ is even guiltier than Bhadain for the complete mess that this country finds itself in.»

▪ Citoyen C : «If the Mauritian government was a private enterprise, would you still employ the likes of SAJ, Crown Prince, Bhadain and the rest of the Council of ministers? Their job descriptions were their Electoral Manifesto of December 2014. Nearly two years ago, all those promises were made to the electorate. What has been achieved – nothing. If you (the electorate) were the boss of that private enterprise, would you still keep them in your employment and paying huge salaries, perks and per diem? NO! So why are we putting up with these people who have failed and cannot still make decisions (Heritage City) and still wasting tax payers money?»

Ce ne sont que quelques extraits de ce qu’on peut lire régulièrement sur lexpress.mu. Ces propos ne sont pas vains. Sur la Toile, ils ont déjà commencé leur marche pour tenter de changer notre destin commun.

En attendant des lendemains meilleurs, est-ce un signe que nous avons désormais pas moins de cinq députés indépendants, soit davantage que le Parti travailliste ? Voilà de quoi provoquer d’autres commentaires, les uns plus pertinents que les autres, sur lexpress.mu et ailleurs.

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