Un peu enfant, un peu Icare

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Des roues d’Ezéchiel au tourisme spatial en passant par les croquis de Léonard de Vinci et les machines volantes du Samarangana Soutradhara hindou, force est de constater que l’Homme a toujours été fasciné par le vol et la conquête de l’espace. Celle-ci s’affuble aujourd’hui du qualificatif intersidéral grâce à la recherche qui n’en finit pas de repousser les frontières du possible. Et pour ceux qui ne peuvent piloter un engin habitable, un modèle réduit devient le chaînon entre le cerf-volant et l’avion.

L’aéromodélisme regroupe sous ses ailes toutes les spécialités qui consistent à faire voler un aéromodèle, machine volante de taille réduite. Avion, planeur, hélicoptère, montgolfière, drones ou maquette, sortis tout droit de l’imagination fertile de leur constructeur, témoignent du modélisme qui s’est développé en symbiose avec l’aviation. Il en reproduit le vol, la technique de pilotage et l’aspect.

Les dimensions de ces modèles varient de 10 centimètres à plusieurs mètres d’envergure, leur poids également qui s’étend de quelques grammes à 150 kilogrammes. Ils sont réalisés à partir de carton ou de matériaux composites. Ils sont propulsés grâce au moteur à élastique ou au moteur à réaction miniature. Ils peuvent être de simples avions-cacahuète de vol libre pour le vol intérieur ou des reproductions de Concorde ou d’Airbus radiocommandées.

Les premiers efforts des modélistes et ceux des pionniers de l’aviation sont comparables. La différence se trouve dans la taille quoique les dimensions de certains modèles soient proches de celles des drones utilisés dans les armées modernes. Ces petits bolides chers à leurs utilisateurs sont commandés par des radios au minimum à trois voies – nombre de servomoteurs pouvant être actionnés – agissant sur la profondeur, les ailerons et le gaz ou bien la profondeur, la dérive et le gaz. La radio standard est à quatre voies et commande la profondeur, les ailerons, la dérive et les gaz. Les modèles plus sophistiqués sont aussi dotés de volets et d’un train rentrant. Quant à la motorisation, si le modèle à explosion était le standard, le moteur électrique se met aujourd’hui au service de modèles moins lourds.

Il existe aussi des petits modèles conçus pour le vol en espace fermé, le vol indoor qui se déroule, par exemple, dans un gymnase. Ils sont équipés de moteurs dits «caoutchouc» ou de tout petits moteurs électriques légers et performants. Les modèles d’avions de vol circulaire sont reliés, eux, par câbles soit au pilote, soit à un plot autour duquel ils tournent à des vitesses importantes.

Moins stables que les avions à moteur ou les planeurs, les hélicoptères radiocommandés sont considérés comme des machines très techniques. Les possibilités qu’offre ce genre d’engin sont à la mesure du défi. Vol vertical, vol stationnaire, vol dérapé, marche arrière ne sont possibles qu’à condition de maîtriser la plus grande difficulté associée à ce type d’appareils.

L’aéromodélisme est une activité très riche faisant appel à l’intellect autant qu’à l’habileté manuelle. Il faut en effet savoir lire ou dessiner un plan, manier des outils, produits et matériaux de toutes sortes avant de pouvoir sortir au grand air et donner vie à sa dernière création, envahi par des sensations proches de celles que procure le cerf-volant acrobatique. Ce moment intense où, concentré sur son pilotage, l’on peaufine les derniers réglages tout en observant les mouvements de l’air afin de mieux comprendre le vol. L’osmose est atteinte quand le pilote et l’engin ne font qu’un. Un peu enfant, un peu Icare.

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