Sam Allardyce et Lepep

Avec le soutien de
Sam Allardyce en compagnie des membres de l’alliance Lepep en 2014.

C’est vrai que sur la photo, la différence entre Sam Allardyce et ceux qui se sont engouffrés dans le cadre pour poser à ses côtés est de taille. D’ailleurs, je me demande bien qui a bien pu conseiller à Ivan Collendavelloo de se mettre près de lui avec pour résultat un contraste encore plus saisissant. Mais la différence entre Big Sam et l’alliance Lepep s’arrête là. Pour le reste, c’est une succession de petitesses communes.

Le premier point commun entre Allardyce et Lepep ce n’est pas qu’un parallèle. Leurs chemins se sont effectivement croisés et ils ont formulé ensemble une promesse non tenue. Durant la campagne 2014, Sam Allardyce, alors entraîneur du très respecté et respectueux club de West Ham, a été présenté comme s’il était lui-même un trophée lors d’une conférence de presse de l’alliance Lepep. Pravind Jugnauth, Ivan Collendavelloo, Adrien Duval, Ravi Yerrigadoo, ce jour-là, cachaient difficilement leur fierté devant leur engagement commun en vue de la création d’une académie de football «West Hamienne» à Maurice. Ni Yogida Sawmynaden, ni Allardyce, au 657e jour de pouvoir de ce gouvernement, n’a montré ne serait- ce qu’un ballon de foot qui serait utilisé dans cette académie.

L’autre point commun entre Allardyce et l’alliance Lepep ce sont les contextes respectifs dans lesquels ils sont arrivés au pouvoir. Lepep a succédé à un Ramgoolam catastrophique. Sam Allardyce a, lui, obtenu les rênes des «Trois Lions» après un Roy Hodgson désastreux qui a conduit l’Angleterre à se faire botter hors de l’Euro 2016 par la minuscule Islande. Mais l’espoir suscité dans les deux cas a fini dans une sombre désillusion. «Notre pays doit changer», ce sont les quatre premiers mots du manifeste électoral de l’alliance Lepep. Hélas, nous baignons dans le même marasme économique, dans la même horrifiante perception de corruption et de népotisme et le même pessimisme social qu’à l’ère Ramgoolamienne. Sam Allardyce a, lui, fini comme Raj Dayal : enregistré à son insu! Deux confrères du Telegraph se sont fait passer pour des agents et Big Sam leur a expliqué, sans savoir qu’il était filmé, comment contourner les règlements régissant les transferts des joueurs pour se faire du «Big Cash». Piégé, comme Raj Dayal et ses «bal koulér», Sam Allardyce a dû démissionner.

Son règne à la tête de la sélection d’Angleterre n’a duré qu’un petit match. Au rythme où vont les choses, celui de Lepep risque fort de se limiter à un tout petit mandat... voire moins.

Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires