Les rappels de la semaine

Avec le soutien de

Si, à l’opposé du «narnienpabon», on veut se prêter, comme le blogueur Bora Bora, à l’exercice du «tout il est bien bon» et du «tout le monde il est gentil», on peut, peut-être, suggérer que le début d’une épidémie de salmonelle, ajouté à l’épizootie de fièvre aphteuse ainsi qu’une absence de réaction effective jusqu’ici, à l’enquête de l’express de janvier 2016 sur les pesticides, est tout simplement un effort concerté et bien «smart» pour attaquer… l’obésité ! Qu’en pensez-vous ?

Mais cela reste malgré tout embêtant pour un gouvernement élu sur la base d’une grande croisade contre les abus et passe-droits de ses prédécesseurs, de s’entendre refuser l’extradition de Nandanee Soornack par la cour de Bologne, il me semble. Car, à tort ou à raison, elle était devenue le symbole ambulant de la déchéance travailliste, au point où elle était presque arrivée, à elle toute seule, à donner mauvaise réputation aux grosses lunettes de soleil posées sur des nez féminins ! Rappelez-vous : elle était la bénéficiaire du monopole d’Airway Coffee à l’aéroport, elle avait réussi à ne pas payer ses loyers pour cet emplacement pendant des années – sans être trop pourchassée – elle était, avec Gooljaury, l’une des bénéficiaires désignées dans le sulfureux contrat à commissions de Dufry/Frydu. Elle était, semble-t-il, une pièce maîtresse (sans jeu de mots…) dans l’affaire Roches-Noires et elle était branchée dans beaucoup d’équations gouvernementales, au point où l’on passait même parfois à travers elle pour avoir rendez-vous avec le PM. Un signe : elle a même quitté l’île, par courrier régulier, avec quelques valises, aussitôt les résultats des élections connus…

«Car, à tort ou à raison, elle était devenue le symbole ambulant de la déchéance travailliste, au point où elle était presque arrivée, à elle toute seule, à donner mauvaise réputation aux grosses lunettes de soleil posées sur des nez féminins !»

Comment se fait-il, dès lors, que l’on ne puisse persuader un tribunal européen, même si italien, de la justesse de la demande mauricienne d’extradition ? Nous n’avons pas vu le jugement motivé à ce stade, mais la claque du tribunal de Bologne nous a rappelé la très mauvaise qualité des quelques documents, notamment de la police, dont nous prenions connaissance au moment où la demande d’extradition était faite et juste avant que les per diem commencent à être réquisitionnés. Un anglais approximatif, des phrases mal ficelées, l’avidité à peine cachée de celui qui se croit investi de mission sacrée saupoudraient ces documents. On a peine à concevoir à quoi ils ressembleraient, ces documents, quand… traduits en italien ! Ce n’est peut-être pas fini, il y a encore peut-être des recours, mais de grâce, essayons au moins alors d’être plus professionnels en général. Et, en addition, ne saupoudrons plus la toile de fond de notre actualité locale, qui est instantanément diffusée sur la planète (et à Bologne !) grâce à Internet, d’encore plus de signes d’arbitraire, d’arrestations intempestives, d’enquêtes style KGB, de charges provisoires, de manque de discipline patent, d’arrestations d’hommes de loi de la partie adverse… ce qui n’a pas dû aider notre plaidoirie !

***

Sommes-nous d’influence westminstérienne ou Kim Il-sungienne ? La question a été posée avec appétit cette semaine et la réponse est sans doute… un peu des trois ! Notre Constitution est westminstérienne, un père transmettra ses pouvoirs à son fils, de par cette Constitution, mais il n’y aura ni sanction électorale, ni délai effectif entre les deux tenants du pouvoir et ce sera fait du vivant du tenant actuel.

Il est clair que dans beaucoup de démocraties, les citoyens sont disposés, à travers des élections libres et basées sur le mérite individuel, à élire des membres de la famille (généralement un fils) d’un détenteur préalable du pouvoir. Dans le meilleur des cas, il y a aussi un délai raisonnable entre le moment où le père et le fils sont au pouvoir. Sans prétendre à une analyse exhaustive, il est ainsi possible de formuler trois grands groupes de cas.

Groupe 1 : Les fils sont élus lors d’élections libres et sur la base de leur propre mérite, souvent plusieurs années après que leur père a quitté le pouvoir. Dans ce groupe, citons les Bush aux États-Unis, les Khama du Botswana, les Kenyatta du Kenya, les Ramgoolam de chez nous, les Gandhi de l’Inde, les Park de Corée, les Quincy Adams des États-Unis, les Aquino des Philippines (délai minimum), entre autres. Cas unique en Argentine : en 2007, Nestor Kirchner, au lieu de chercher sa réélection soutient la candidature de son épouse, Cristina, qui est élue.

Groupe 2 : Les fils sont généralement élus lors d’élections pas toujours libres, ou le fils suit son père à sa mort et la dynastie reste au pouvoir pendant anormalement longtemps. C’est le cas du président Faure Gnassingbé (fils d’Eyadema) réélu en mai 2015 et qui, avec son père, aura gouverné le Togo pendant 87 % des 55 ans du Togo libre. Les Bongo du Gabon sont dans le même cas de figure et auront gouverné pendant 47 des 55 dernières années d’indépendance. Les Kim de la Corée du Nord ont régné de père en fils pendant 68 ans – sans élections ! Les Kabila, père et fils, sont restés 18 ans au pouvoir, sans coupure entre. Les Assad de Syrie sont dans le même cas de figure, ayant régné pendant 46 ans ; les élections, quand elles ont lieu, étant loin d’être démocratiques… Dans tous ces cas, rappelons-le, les fils succèdent à leur père après sa mort.

Groupe 3 : Nous allons le créer, si on ne se trompe pas ! La succession que l’on nous annonce n’est pas sanctionnée électoralement dans des élections libres et il n’y a pas de délai de décence entre l’avènement du père et du fils, puisque cela se passe du vivant du père. Ce qui fait la différence fondamentale avec la transition Blair-Brown ou celle de Cameron-May, c’est que c’est, ici, un père qui transmet le pouvoir à son fils. Cette transmission de pouvoir du vivant du père a quand même des relents de monarchie plutôt que de démocratie, non ?

Voilà les faits de base posés !

Devra-t-on donc arguer (pensant à Brown et à May), que le fils Jugnauth peut succéder à son père puisqu’il y a suffisamment de dissensions entre eux deux (Heritage City, attitude vis-à-vis de Menon Murday, Yerriah, Lutchmeenaraidoo, Dayal, etc.), démontrant ainsi, l’un vis-à-vis de l’autre, plus d’autonomie politique que de continuité dynastique?

Débat intéressant en perspective !

Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires