L’épidémie du «narnienpabon»

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Hier après-midi, à l’inauguration des nouvelles facilités opérationnelles de Birger-Symantec, le ministre Sinatambou a amusé son audience en parlant notamment d’une maladie qui sévit dans l’île et qu’il qualifie de pire que la fièvre aphteuse. Il s’agit de la maladie «narnienpabon» dont les vecteurs principaux sont, si on a bien compris, bien trop de citoyens et, surtout, les journalistes.

Je me disais que j’avais déjà entendu ce discours quelque part. En fait, je l’ai entendu plus d’une fois, débité par plusieurs (toutes les ?) équipes gouvernementales, à commencer par celle de SSR dans les années ’70, à partir du moment où leur «lune de miel» est consommée. La teneur de ce discours est essentiellement la même : le gouvernement travaille très dur, il est mieux d’être ici qu’ailleurs, surtout par comparaison avec l’Afrique et le peuple (et les journaux) qui critiquent tout sont des ingrats.

Il y a une part de vérité dans cette thèse. Nous sommes les meilleurs d’Afrique sur beaucoup de critères (le ministre en a cité, hier, une bonne demi-douzaine mais ce n’est pas la seule comparaison possible), il est probablement des ministres qui travaillent dur et l’humanité, en général, a tendance à grogner et se focaliser sur ce qui va mal. De la pneumonie de Clinton à la fièvre aphteuse, des coups de gueule de Trilochun aux miracles économiques qui ne se passent pas, il est sûr qu’il est plus difficile de mettre, comme certains, en exergue le fait qu’une mission japonaise passant 24 heures à Maurice ait demandé de rencontrer, parmi tant d’autres, Sinatambou !

Qu’à cela ne tienne ! «L’express», qui a systématiquement tenté de donner aux gouvernements de ce pays leur chance de réussir pour le pays (y compris maintenant), a toujours fait et fera quand même une différence entre les abus de toutes sortes et les effets d’annonce relevant de la propagande en opposition à des projets concrétisés, des nominations méritées, des initiatives progressistes et des principes défendus courageusement pour le bien commun plutôt que pour l’intérêt particulier de certains. Les bonnes et solides nouvelles, quand elles existeront, seront toujours accueillies et soutenues avec appétit par nos rédactions diverses. Il suffit de lire nos publications avec un œil légèrement objectif pour le reconnaître. Surtout si l’on reconnaît, de plus, que toutes les bonnes (et mauvaises !) nouvelles ne sont pas le fait exclusif de nos hommes politiques…

Car, en effet, il n’est pas inutile de rappeler de temps en temps qu’il existe bien une autre île Maurice, au-delà du Conseil des ministres ! Remuante, débrouillarde, agissante, solidaire, pas toujours en réussite d’ailleurs, elle ne fait pas de discours, ne roule pas en BMW, ne touche pas d’épais per diem, et alimente inévitablement sa gouaille aux vicissitudes diverses de nos hommes politiques.

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