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La crise économique a provoqué la destruction de millions d’emplois à travers le monde, aggravant ainsi les conditions sociales et économiques des populations. Si au départ, la finance avait été identifiée comme le foyer, le phénomène a vite gagné tous les secteurs d’activités. Parmi les principales victimes : les jeunes.

Pas de chance : aucune amélioration à l’horizon. Au contraire, les derniers calculs de l’Organisation internationale du Travail (OIT) pointent vers une nouvelle augmentation du chômage des jeunes, cette année. Selon l’OIT, le taux franchira la barre des 13 % pour se fixer à 13,1 % alors qu’en 2015, il se chiffrait à 12,9 %. Ce qui portera le nombre de jeunes chômeurs à 71 millions au niveau mondial. La première en trois ans à en croire l’organisation.

Le plus dramatique, c’est que la lutte pour relancer l’activité se complique de jour en jour pour les pouvoirs publics. En témoigne l’énième mise en garde du Fonds monétaire international pour une nouvelle réduction de ses estimations de croissance pour cette année. Même le président chinois, Xi Jinping, n’a pas trouvé mieux face à la fragilité de l’économie mondiale que de demander à ses homologues réunis sur son sol pour le sommet du G20 «d’éviter des discours creux».

Bien qu’étant éloigné de l’épicentre des crises mondiales, notre région, celle de l’océan Indien, n’en est pas pour autant immunisée. La faute à la globalisation. Encore une fois, les jeunes sont aux premières loges lorsque les effets du ralentissement global atteignent nos rives.

Les chiffres compilés par la Commission de l’océan Indien (COI) sont très éloquents à ce sujet :

- Les jeunes représentent près de 70 % des inactifs et chômeurs à Madagascar.

- Le chômage touche 60 % des moins de 30 ans à La Réunion.

- 79 % des sans-emploi sont âgés de moins de 40 ans à Maurice.

- Le taux de chômage chez les jeunes seychellois de moins de 25 ans est de 11 %.

À première vue, ces statistiques peuvent être désarmantes, mais elles ne doivent en aucun cas être un motif de découragement. Au contraire, cet état des lieux doit devenir une source de motivation pour les gouvernements à offrir aux jeunes qui sont pris au piège de l’inactivité les outils nécessaires pour leur permettre de se mettre à leur compte. À travers un meilleur encadrement, les chercheurs d’emplois d’aujourd’hui seront les employeurs de demain. Des études ont d’ailleurs démontré que l’entrepreneuriat est une alternative durable au chômage ; malheureusement, les conditions ne sont pas toujours réunies pour favoriser le développement de l’esprit d’entreprise.

L’un des obstacles majeurs à franchir pour les aspirants entrepreneurs est la lourdeur administrative. C’est une problématique commune aux îles de l’océan Indien. En dépit des changements apportés aux structures régissant l’environnement des affaires, il est malheureux de constater qu’il y a toujours un fossé entre ce qui est prêché sur les plateformes politiques et la dure réalité au sein des organismes supposément de soutien à l’entrepreneuriat. Dans certains cas, il est même permis de dire que les institutions font tout sauf de la facilitation.

Pour enlever les freins – ils existent aussi dans la tête –, il est nécessaire d’exposer les jeunes très tôt à une éducation financière afin de les sensibiliser à l’importance de la mobilisation de fonds car c’est la clé de contact pour tout porteur de projet.

À Business Magazine, nous sommes convaincus que pour stimuler l’emploi, il faut commencer par stimuler l’entrepreneuriat. D’où notre choix de braquer les projecteurs sur ce qui se fait – ou pas – dans les îles de l’océan Indien.

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