Un ministre, ça ferme sa gueule… à moins que !

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Et ben dites-donc, en deux jours il a sacrément grandi le Pravind ! Il s’est mesuré à l’ogre Bérenger deux fois en 48 heures! Et de quelle manière.  Mercredi il a osé répliquer au trademark « shame » du leader de l’opposition lors de la PNQ sur Omega Ark! « Ki shame ki to pé kozé, alé do c... ». Non mais je rêve ! C’est le petit Pravind qui a dit ça ? Au grand Paul Bérenger ?

Le lendemain, c’est reparti pour un tour ! Il force Paul Bérenger à le traiter de « capon », comprenez « trouillard, peureux, lâche ». Mais petit Pravind devenu grand n’a pas peur. Il réplique ! Il sait lui aussi tenir des conférences de presse : « le cinéma Bérenger doit cesser, » lance-t-il !

Dans la réalité, ce qui devait cesser, et Pravind Jugnauth l’a bien compris, c’est un autre cinéma. Celui des négociations d’alliance avec le MMM. Après les sondes lancées dans la presse au cours des trois dernières semaines, Pravind Jugnauth a compris que « koz kozé » avec Paul Bérenger accentue sa réputation de « leader mou », son impopularité et celle du gouvernement Lepep. Il fallait donc qu’il montre ses biceps, et ses canines envers Paul et en public ! Il ne pouvait pas sonner les vacances parlementaires sur une note d’amour avec Bérenger.

Voilà pourquoi devant toute la galerie, Pravind Jugnauth a forcé la dispute. Il a montré qu’il peut se battre avec Bérenger ! Sur le CV d’un aspirant Premier ministre, c’est important. Il faut prouver qu’on a la hargne, et la poigne pour faire la guerre à Bérenger.

Autant a-t-il réussi face à l’adversité externe, autant Pravind Jugnauth cache une profonde fébrilité. Voilà deux semaines, 14 jours, depuis que Pravind Jugnauth a annoncé qu’il prenait en main le différend Sanspeur-Bhadain ! « Je vous annoncerai les développements dans les prochains jours » disait-il à la sortie du BP du MSM le samedi 20 août à l’apogée de la crise Sanspeur-Bhadain. Mais des jours et des semaines se sont écoulées. Rien ! Aucune annonce ! A l’heure qu’il est la déposition de Bhadain contre son conseiller, épine dorsale de l’implémentation de ses mesures budgétaires, tient toujours ! Pravind Jugnauth n’a rien fait. Il n’a rien pu faire. Il n’a pas pu bouger son petit doigt.

En politique, il y a une règle connue comme « la règle Chevènement » (je vous épargne volontiers les détails et l’histoire de la politique française).  Mais selon cette règle, « un ministre ça ferme sa gueule, et si ça veut l’ouvrir ça démissionne ! » Pourquoi donc, Roshi Bhadain, qui clame haut et fort qu’il ne démissionnera pas, serait-il épargné de cette règle ? C’est simple : un ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne, à moins que son leader ne puisse ouvrir la sienne !

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