Question d'intérêt national

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Il est de ces causes qui dépassent les clivages politiques. Le choix de la PNQ du leader de l'opposition qui interpellait la ministre de la Sécurité sociale sur les droits des handicapés, le parti pris encourageant du leader du MMM pour les enfants autistes et ceux de l'APEIM, les échanges Bérenger-Daureeawoo, l'un faisant une proposition pour qu'il y ait un effort spécial en faveur de l'éducation des enfants autrement capables, l'autre disant merci pour cette PNQ tout en donnant l'assurance du gouvernement pour un meilleur bien-être des handicapés, font partie de ces intérêts communs qui vont au-delà de la politique des partis respectifs. Tant mieux. Si seulement nos politiciens pouvaient enlever leurs lunettes partisanes un peu plus souvent et se faire entendre ensemble sur des sujets qui le méritent.

D'autant que l'actualité, bourrée de talents ces temps-ci, nous donne plusieurs raisons d'espérer des forces unies pour mieux se faire entendre. S'il est salutaire de voir que sur le dossier Chagos, des opinions issues de plusieurs partis politiques, dont celle du leader de l'opposition, s'alignent derrière le Premier ministre pour aller devant l'Assemblée générale des Nations unies avant de demander un avis à la cour internationale de justice, il serait pertinent que le gouvernement, l'opposition et d'autres voix de politiciens soient audibles sur des dossiers qui dépassent le positionnement respectif des couleurs politiques. Ensemble.

Parmi les grandes préoccupations du moment figure la lutte contre la drogue, qu'elle soit dure ou sous forme de Nouvelles Drogues de synthèse. Et il serait intelligent que les parlementaires, tous bords confondus – au lieu de préférer des walk out infructueux lors des ateliers de travail des ONG –, se mettent d'accord et unissent leurs forces. Car il est de ces combats qui doivent se mener sur le plan national. La pauvreté (la mort de la judoka Marie Claude Botteveau, brûlée vive, nous rappelle que des milliers de personnes vivent toujours dans des cases en tôle), le chômage (la polémique provoquée par les nouvelles recrues policières donne une idée du désespoir de nombre de jeunes attendant vainement un boulot), la menace terroriste (au-delà des événements de Nice, doit-on se souvenir que l'affaire de l'e-mail reçu par le bureau du Premier ministre et celle des tirs sur l'ambassade de France sont toujours irrésolues ?) et l'éducation (dont le Nine-Year Schooling provoque des interrogations) font partie de ces dossiers qui devraient forcer les politiques à enlever les visières de leurs camps respectifs.

Tout ne peut être politique, récupération ou démagogie. Trop de temps, d'énergie gaspillés. Déjà qu'on gaspille assez de temps comme ça tous les cinq ans. Hélas ! Parce que l'alternance politique est souvent synonyme de règlements de comptes. Et elle freine trop souvent malheureusement le progrès, l'avancement. À croire que chaque cinq ans, tout est à recommencer. L'un des exemples les plus flagrants reste le projet du métro léger dont on nous parle depuis 20 ans et qui change soit de direction, soit de consultants, au gré des nouvelles arrivées à l'hôtel du gouvernement. Il est temps que ça cesse. Il ne s'agit pas d'intérêt personnel de X, Y ou Z. Ou de dividendes politiques. Mais de Maurice, des Mauriciens, de la nation. Éclairée et réfléchie. Qui s'en fout au final du choix du mode de transport choisi. Mais qui s'attend juste qu'on trouve des solutions pour décongestionner ses routes. Encore faut-il qu'on prenne son avis en compte.

Car c'est là aussi la désillusion devant un gouvernement qui, plus que d'autres, nous avait vendu le concept de gouverner avec le peuple, mais qui au final oublie ce qu'est la démocratie participative. Alors que le citoyen a aussi son mot à dire sur les grandes causes d'intérêt national.

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