Vuca

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Cet acronyme de «volatil, incertain, complexe, ambigu» utilisé en milieu militaire par les Américains caractérise parfaitement la situation économique sur le plan mondial. Alors que la planète vit depuis le 23 juin au son du Brexit, voire même de l’exit en général maintenant que des scénarios considérés il y a peu comme inimaginables grimpent sur l’échelle de probabilité – les Britanniques ayant montré la voie – il est intéressant de faire une petite incursion dans un récent passé. Ce retour en arrière nous révèle une triste et troublante réalité : le monde est en proie à une période Vuca depuis bientôt une décade.

Une des caractéristiques de ce cycle, c’est qu’à chaque fois qu’un rebond semble se dessiner, l’économie mondiale se retrouve confrontée à un Black Swan et replonge dans la tourmente. Pour rappel, c’est en juillet 2007 qu’éclate la crise du crédit hypothécaire aux États-Unis. Faute d’une gestion appropriée et efficace, celle-ci se transformera rapidement en crise financière internationale avant de muter pour prendre la forme d’une crise économique globale. Avec le monde en récession, les jours d’après ne pouvaient que s’améliorer. C’est du moins ce qui était attendu avec le matraquage des institutions de Bretton Woods. Armées de leurs recettes prêtes à l’emploi, elles croyaient souvent entrevoir les premiers signes d’un début de reprise.

Mais l’appareil économique ayant dans bien des cas échappé au contrôle des pouvoirs publics, il était devenu difficile de voir au-delà d’un certain horizon. La crise de la dette dans la zone euro, avec en première ligne la Grèce, n’était donc qu’une suite logique. Pour s’en sortir, les espoirs étaient reportés sur les pays dits émergents. Les élites de cette catégorie étaient d’ailleurs toutes trouvées pour être la locomotive du redressement économique. Il s’agit bien évidemment des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud).

Toutefois, l’espoir a été de courte durée, pour ne pas dire a volé en éclats lorsque les effets du ralentissement économique dans les pays développés ont atteint les rives des BRICS. Résultat : les capitaux qui ont afflué durant la crise financière en quête de rendements plus intéressants ont fui aussi brutalement qu’ils étaient arrivés. L’impact est ressenti au niveau des taux de change, avec de très lourdes répercussions sur les factures d’importations. Le comble, c’est que le paysage mondial ne permet pas aux BRICS de tirer avantage de leurs exportations pourtant devenues compétitives.

Dans un tel climat, il était difficile de penser que l’économie mondiale pouvait s’enfoncer davantage dans la brume. Mais c’était sous-estimer cette lame de fond qui semble se développer chez les anciennes puissances impérialistes, surtout lors de consultations populaires. La preuve avec la décision des Britanniques.

Une démarche qui donne lieu depuis la semaine dernière à toutes sortes de spéculations quant au retrait ou pas de la Grande-Bretagne de l’Union européenne. En effet, ceux qui refusent de reconnaître le verdict des urnes donnent également de la voix en évoquant le fait que le référendum n’est pas «legally binding», pour reprendre un terme très british. Ou encore que le Premier ministre, David Cameron n’a pas encore invoqué l’Article 50 du Traité européen. C’est dire l’incertitude qui prévaut.

Ajouté à cela, les appels à un vote sur l’indépendance de l’Écosse, la flambée du dollar et du yen, le rééquilibrage difficile de l’économie chinoise, entre autres, ouvrent la voie à une longue période tourmentée pour l’économie mondiale.

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