Meanwhile, in Mauritius...

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Pendant que nous nous inquiéterons avec raison des répercussions du Brexit sur notre pays, pendant que nous débattrons passionnément de l'intimidation plutôt claire de la Grande-Bretagne et des États-Unis sur le Premier ministre autour de la souveraineté de Maurice sur les Chagos, pendant que nous serons tous d'accord que c'est le leader de l'opposition qui a été wise before the event avec sa pertinente PNQ sur le retrait de la Grande-Bretagne de l'Union européenne, peu d'entre nous, hélas, discuterons d'une thématique qui a tout autant une portée économique que sociale. À tort.

Car s'il y a un sujet qui revêt aussi une importance capitale ces jours-ci, c'est bien celui de la drogue, qui regarde notre jeunesse avec avidité, trouvant en elle une proie facile, fragile. Combien d'histoires n'entendons-nous pas ces derniers temps sur des jeunes, essentiellement des collégiens, devenus non seulement consommateurs, mais également dealers ou fabricants de cannabis synthétiques ? Combien de parents n'ont pas découvert avec effroi que leurs enfants en consomment de manière régulière ? Et combien d'histoires n'avons-nous pas relatées ici même, à 5-Plus, de cette jeunesse prisonnière de l'enfer de la drogue, soudainement arrachée à l'amour des siens ? Comment oublier le témoignage de proches des deux dernières victimes, l'une de 21 ans, l'autre de 20 ans ? Deux jeunes comme n'importe qui, au parcours scolaire classique. Le deuxième, après de brillantes études, s'apprêtait d'ailleurs à rejoindre une université malaisienne. Hélas, les drogues synthétiques, l'overdose, ont été plus fortes que leur souffle de vie et ont eu raison de leurs rêves.

Il n'a échappé à personne que l'accessibilité aux drogues dures rend nos jeunes vulnérables quand ils ne risquent pas de se retrouver un jour ou l'autre en prison avec, à leur sortie, une tâche indélébile sur leur certificat de moralité. Et des conséquences que l'on sait quand ils recherchent ensuite un emploi. C'est dire qu'en cette date symbolique du 26 juin, qui marque la Journée internationale contre l'abus et le trafic de drogues, nous avons un devoir de solidarité envers la campagne internationale Support. Don't Punish, relayée à Maurice par l'ONG Collectif Urgence Toxida (CUT), dont le but est de mettre fin à l'incarcération des consommateurs de drogues.

Nous ne le dirons jamais assez : la prison est un des lieux où les drogues sont disponibles et la campagne répressive n'empêche pas une progression des consommateurs. Du reste, c'est notre politique répressive qui a contribué à entraîner notre échec face au combat contre la drogue. La diabolisation du gandia à Maurice, illustrée récemment par la violence des policiers envers les rastas, et l'impossibilité de dialogue avec un gouvernement qui, par la voix de son Premier ministre, a décidé de manière unilatérale que tant qu'il sera là, il n'y aurait aucun débat possible à ce sujet, nous mettent ainsi en marge des pays progressistes qui ont compris que la dépénalisation du gandia est un bouclier contre les drogues synthétiques et dures. À l'instar de l'héroïne qui continue à faire des ravages et arrive sans difficulté sur notre sol.

Pas plus tard que mardi dernier, les hommes de l'ADSU ont mis la main sur un colis d'héroïne (le destinataire a été arrêté) dont la valeur marchande est de plus de Rs 3,3 millions. Le mois dernier, c'est la femme d'un trafiquant de drogue qui a été arrêtée la main dans le sac avec 
5,6 kg d'héroïne estimée à Rs 100 millions. Contre ces jolis coups de l'ADSU, combien de kilos d'héroïne pénètrent notre territoire et atteignent de plus en plus nos jeunes qui, parce qu'ils ont goûté au highly addictive cannabis synthétique, basculent ensuite vers les drogues dures ? Faut-il dépénaliser le gandia pour diminuer la consommation des drogues synthétiques et dures ? Une question plus que jamais d'actualité, mais qui n'a malheureusement aucun écho positif auprès d'un gouvernement qui a été bien inspiré d'instaurer une commission d'enquête sur la drogue, mais qui préfère une réponse répressive sur la politique des drogues en mettant à tort dans le même panier gandia, cannabis synthétique et héroïne.

Pendant que notre jeunesse est menacée, pendant que nous assistons à un rajeunissement des vendeurs de drogues, un conflit inutile continue entre les politiciens et des travailleurs sociaux respectés qui ont fait leurs preuves. Après la guerre ouverte menée par Gayan contre des ONG, des propos irresponsables de Rutnah contre un sondage sur la consommation du gandia et des travailleurs sociaux, voilà que le député MSM Hurreram s'est fait remarquer pour un ridicule walkout suivi par ses pairs lors d'un atelier de travail de CUT, vendredi dernier. Parce que le travailleur social Dany Philippe faisait référence aux Amsterdam boys.

À force de regarder uniquement à travers la lucarne politique, certains oublient même le bon sens. Alors qu'un réel péril jeune nous guette.

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