Résultat très attendu

Avec le soutien de

Quitter l’Union européenne ou y rester. Les Britanniques feront le choix au cours d’un référendum qui a lieu aujourd’hui sur le Brexit, un terme qui vient de la contraction de «Britain» et «Exit». Déjà, chefs de gouvernement et économistes à travers le monde ont exprimé leurs craintes en cas de succès du «Leave». Beaucoup prévoient des conséquences négatives, voire dévastatrices, sur la reprise de l’économie mondiale.

Dans notre monde globalisé, aucun pays, fût-il le plus petit de l’Afrique, n’est à l’abri des retombées économiques d’un éventuel Brexit. Plus que d’autres pays de la région, Maurice risque de subir les contrecoups d’un retrait du Royaume-Uni de l’UE. Ce pays est un partenaire commercial important pour nous. Décideurs publics comme opérateurs privés vont donc attendre avec anxiété le résultat du vote d’aujourd’hui.

Nos exportations vers la Grande-Bretagne s’élèvent à Rs 11 milliards, dont un peu plus de la moitié provient de l’industrie du textile et de l’habillement. Nous exportons également du thon en conserve pour un montant de Rs 2,8 milliards ainsi que 52 000 tonnes de sucre. Pour tous ces produits, Maurice bénéficie d’un accès libre de droits et de quotas au marché britannique grâce à l’accord de partenariat économique intérimaire (APE). Nous perdrons cet avantage si la Grande-Bretagne quitte l’UE.

Même nos exportations vers l’Europe vont souffrir en cas de vote favorable au Brexit. Car, en vertu des règles d’origine, les produits manufacturés à partir de matières premières provenant de la Grande-Bretagne ne bénéficieront pas d’un accès préférentiel au marché européen.

L’impact d’un éventuel Brexit sur le taux de change se fera sentir très vite. L’affaiblissement de la livre sterling entraînera la chute de l’euro. Or, nos exportations sont facturées principalement dans ces deux devises. Ce qui fait que nos produits coûteront plus cher. La dépréciation de ces devises fera également de Maurice une destination plus chère pour les touristes français et britanniques.

Le Premier ministre a cherché, au Parlement, à tempérer les choses. Il a rappelé que même si le vote favorise le Brexit, les accords existants s’appliqueront toujours pendant les deux prochaines années. Durant cette période, a-t-il expliqué, Maurice peut chercher à conclure un accord de libre-échange avec la Grande-Bretagne.

Il n’empêche que nous aurons des raisons d’être au moins prudents si la Grande-Bretagne décide de se retirer de l’UE. Il faudra alors rebondir rapidement, négocier de nouveaux accords et trouver des marchés alternatifs. C’est à ce prix que nous sauvegarderons notre réputation de pays résilient.

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