Un combat compromis

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Ensemble contre la corruption. Il n’y a pas de moyen plus efficace de lutter contre ce fléau que de mobiliser tous les acteurs de la société autour de la question. L’enjeu est suffisamment important pour que gouvernement et opposition taisent leurs divergences et s’unissent autour d’engagements communs.

La corruption est un mal qui nous concerne tous. Elle sape les institutions démocratiques et constitue un frein au développement économique. En sus de la classe politique, les opérateurs privés et la société civile doivent participer à l’effort si le pays tient à conjurer le mal.

Toutefois, on s’est éloigné de ce but avec la décision annoncée vendredi dernier. Navin Beekarry assumera le poste de directeur général de l’ICAC. Encore une fois, une nomination contestable vient compliquer la recherche d’une unanimité dans la lutte contre la corruption.

Si le n°1 de l’institution n’inspire pas confiance à l’ensemble de la population, il ne pourra pas accomplir sa mission dans des conditions sereines. Il sera constamment soupçonné de parti pris et ne pourra pas fédérer les énergies pour aboutir à des résultats concrets.

Navin Beekarry effectuera son retour à l’ICAC en dépit du fait que le leader de l’opposition, consulté par le Premier ministre, a exprimé son désaccord. L’ancien responsable de la commission anticorruption a connu entre 2002 et 2005 un passage tumultueux à la tête de l’organisme.

Paul Bérenger a associé l’ex-commissaire à un bilan pauvre, des dossiers suspects, et une tentative pour l’empêcher de devenir Premier ministre. Que ces allégations soient fondées ou pas, il reste que le leader de l’opposition a objecté à cette nomination mais que son avis n’a pas été retenu.

En revanche, l’autre volet de la lutte contre la corruption, celui qui consiste à travailler sur la saisie des richesses inexpliquées, avance dans la bonne voie. C’est un ex-Law Lord du Privy Council et ancien Chef juge britannique, Nicholas Phillips, qui a été désigné pour présider l’Integrity Reporting Board. Cette instance a pour responsabilité d’étudier les conclusions des enquêtes menées par l’agence créée à cet effet et de décider s’il faut porter l’affaire devant la justice. De par sa composition, l’Integrity Reporting Board ne souffrira pas du même problème de perception que la nouvelle direction de l’ICAC.

Le journal Guardian disait de Nicholas Phillips qu’il est «very much an archetypal judge: upright, with total integrity…». Voilà des attributs qui devraient caractériser tous ceux à qui l’État confie la charge de combattre la corruption.

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