Facteur tabou

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L’hécatombe sur les routes se poursuit. Les accidents ont tué plus de 60 personnes depuis le début de l’année. Ce décompte macabre interpelle la conscience collective. On réalise que, faute d’enquêtes scientifiques, personne ne peut avancer avec précision les raisons qui favorisent les accidents chez nous. Or, pour agir, il faut comprendre.

Un expert réunionnais en matière de sécurité routière, Daniel Raymond, a été chargé de la mise en place de mesures pour freiner l’évolution de la mortalité due aux accidents de la route. En poste depuis neuf mois, il a eu le temps de faire un constat de la situation. Il vient de livrer ses observations à «l’express dimanche». «La première cause est le comportement des conducteurs», assène le spécialiste. Ensuite, il pointe du doigt l’état des véhicules et les infrastructures.

Il a sûrement raison sur les trois facteurs cités. Nous sommes nombreux à reconnaître que les facteurs en cause sont l’excès de vitesse, l’alcool au volant, les véhicules mal entretenus, l’absence de trottoirs et un réseau routier qui comporte trop de zones à haut risque d’accident.

Mais le rôle de la police ne devrait pas rester un sujet tabou. Sommes-nous absolument sûrs que l’on n’a rien à reprocher à l’équipe policière qui est responsable de l’application de la législation routière ? Osons réclamer plus de rigueur et d’efficacité aux agents qui font de «l’enforcement».

Beaucoup d’automobilistes l’auront remarqué. Ceux qui ont le devoir d’instaurer la discipline sur les routes et de faire respecter les règles ne sont pas assez vigilants sur le terrain. Certains d’entre eux font preuve d’un laisser-aller qu’il est indispensable de corriger.

Par exemple, comment peut-on autoriser des colporteurs à aborder des conducteurs au volant pour vendre leurs articles de pacotille ? Pourtant, cela se passe tous les jours, notamment sur l’autoroute en face du Port-Louis Waterfront. On peut voir ces camelots, souvent coincés entre deux files de voitures immobilisées par les feux de signalisation. Ils sollicitent avec hardiesse les conducteurs. On peut également citer le cas de ces motocyclistes qui dépassent par la gauche avec impunité au nez et à la barbe des policiers. Il y a aussi ces conducteurs impatients qui franchissent des lignes blanches pour passer en tête de file. La liste de ces infractions récurrentes et impunies est longue.

Une infraction souvent répétée ne devient pas un droit. Or, si la police continue à tolérer ces dérives ordinaires, les usagers insouciants n’auront aucune raison de changer leur comportement.

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