Auditer les ministres

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Le salaire net d’un élu est particulièrement impressionnant à Maurice. Les parlementaires toucheront des revenus mensuels qui varieront entre un quart de million et un demi-million. De tels niveaux de rémunération ne se justifient que si députés et ministres sont capables de démontrer leur efficacité. Pour y parvenir, il faut pouvoir mesurer leur productivité.

En contrepartie du barème de salaires rehaussés, les contribuables devraient exiger que tous les membres du gouvernement soient soumis à une forme d’évaluation. Un tableau de classement peut être établi à la fin de l’exercice.

C’est le meilleur moyen de garantir un effort continu pendant toute la durée du mandat du ministre. Une telle évaluation servira essentiellement à améliorer la gestion du pays. Surtout si des sanctions suivent. Celles-ci s’appliqueront aux derniers de la classe. Le rotin bazar peut être sous la forme d’une mutation ou d’une révocation.

Il faut démarrer avec un tableau d’honneur réservé aux ministres car il est plus compliqué d’évaluer un simple député. Pour être totalement objectif, ce palmarès doit tenir compte uniquement de critères de performance qui sont chiffrables.

Le gouvernement peut commander une étude quantitative dans le but d’évaluer chaque ministre en fonction de la mission qui lui a été confiée par le Premier ministre. Des cabinets de consultants privés possèdent l’expertise pour élaborer un tel dispositif d’évaluation. Ils définiront des critères mesurables et jugeront l’action de chaque ministre à l’aune de ces critères. Les indicateurs de performance sont alors très fiables.

Dans la mise en place d’un tel outil, les critères seront établis à partir de la lettre de mission qui est remise aux ministres lors de leur nomination. Alternativement, des objectifs chiffrés peuvent être spécifiés, ministère par ministère, dans le discours-programme qui est lu au début d’une session parlementaire.

La note du ministre de la Fonction publique pourrait dépendre, par exemple, de la réduction du temps d’attente moyen devant les comptoirs de l’État. Le ministre de l’Intégration sociale serait jugé au nombre de familles qui sont parvenues à franchir le seuil de pauvreté durant une période donnée. La note du ministre des TCI serait tributaire de la vitesse de notre accès Internet, etc.

Les objectifs politiques sont chiffrables même lorsqu’il s’agit de ministères qui n’ont pas une vocation économique. On peut mesurer le nombre de réformes accomplies ou de lois promulguées. Il faut simplement la volonté, au sommet de l’État, d’obliger les ministres à atteindre des résultats précis et vérifiables. En somme, il faut instaurer au sein du gouvernement une culture de résultats. 

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