La réponse aux violences conjugales

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Les violences familiales représentent un problème complexe parce que le phénomène reste le plus souvent caché au sein des foyers. Redoutant les représailles ou la stigmatisation, les victimes se renferment sur elles-mêmes et subissent sans rien dire, ni à leurs proches, ni aux autorités policières.

Pour ces malheureux êtres qui souffrent dans le silence, un simple amendement aux lois ne changera rien si les cas de violence ne sont pas rapportés. Il faut davantage que des lois pour traiter le mal.

La ministre de l’Égalité du genre, Aurore Perraud, proposera demain à l’Assemblée nationale une version améliorée du Protection From Domestic Violence Act. Le cadre législatif qui est mis en place est progressiste. Pour autant, le durcissement des lois ne constitue pas un remède miracle. Il faut, en outre, un changement des mentalités face aux actes de domination à l’intérieur des familles.

Au niveau des textes théoriques, tout est pour le mieux. Les violences familiales sont redéfinies et vont inclure de nouvelles formes de violence : verbale, psychologique et économique. Le viol conjugal sera reconnu comme un délit. Les auteurs de crimes passionnels ne pourront plus plaider l’adultère comme un facteur mitigeant. Des sanctions plus lourdes seront appliquées si la victime est mineure, handicapée ou enceinte. La police pourra procéder à des arrestations sans mandat dès qu’il y a une plainte pour violence conjugale.

Précisément, ces dispositions resteront lettre morte si les victimes ne vont pas dénoncer les agressions qu’elles ont subies. La loi a ses limites. On peut multiplier autant que l’on veut les textes de lois, l’objectif ne sera pas atteint si les violences conjugales à l’encontre des femmes restent un tabou de notre société.

La voie légale n’est pas l’unique réponse sociale à la violence conjugale. Il faut également faire de la prévention. Cela commence par une transformation des valeurs dominantes du moment. C’est plus difficile de réussir cela que de voter une loi. Car le changement de comportement, ça ne se décrète pas.

L’école, les travailleurs sociaux, les chefs religieux et d’autres acteurs de terrain doivent agir sur les valeurs négatives de la société qui engendrent les violences faites aux femmes. Les institutions officielles pourront, à cet effet, jouer un rôle complémentaire.

Le gouvernement a raison de vouloir réprimer sévèrement ces formes primaires de domination à l’intérieur de la famille mais la répression ne suffit pas. Si elle est accompagnée de campagnes de sensibilisation et de stratégies de communication appropriées, le résultat sera probant. Plus que les lois et le code civil, c’est une société responsable qui protège adéquatement les femmes et les enfants vulnérables.

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