Marchés noirs des armes

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Les coups de feu qui ont visé l’ambassade de France dans la nuit de dimanche à lundi relancent le débat sur le contrôle des armes à feu. Il est vrai que la vente et la détention de fusils sont soumises à des règles strictes chez nous mais beaucoup de Mauriciens pensent qu’il y a de nombreux détenteurs illégaux d’armes à feu dans le pays.

Cela ne sert à rien d’appliquer des mesures extrêmement restrictives sur la vente d’armes si les criminels peuvent s’en procurer par des moyens clandestins. Donc, ce n’est pas une réforme de la législation sur les armes qui est requise. Il faut davantage de vigilance par rapport à la circulation d’armes à travers les réseaux illicites. Pour verrouiller efficacement l’accès aux armes, il faut améliorer le contrôle existant, souvent qualifié de laxiste.

Plusieurs enquêtes menées par des journalistes d’investigation ont conclu que les truands entretiennent assez facilement des trafics par voie maritime. Profitant d’un niveau de sûreté portuaire considéré comme inadéquat, les contrebandiers utilisent le port comme une plaque tournante du trafic d’armes.

C’est une zone difficile à surveiller, il est vrai... surtout quand les caméras de surveillance sont défectueuses. Le fait qu’il n’y a pas de fouilles systématiques des navires en rade ou des conteneurs qui sont débarqués aggrave les risques.

En revanche, les autorisations de port d’armes, elles, sont accordées à des particuliers sous des conditions très rigoureuses. La procédure prévue par le Firearms Act est contraignante.

Le permis n’est délivré que si le demandeur veut se protéger contre une menace ou pour la chasse. En outre, des conditions de moralité doivent être respectées : les antécédents psychiatriques et judiciaires sont vérifiés ainsi que l’addiction aux substances nocives. Finalement, le demandeur doit subir une épreuve pour prouver qu’il sait manier habilement une arme et son permis est sujet à un renouvellement annuel. C’est une voie complexe et il est difficile de passer à travers les mailles du filet.

La législation est si sévère que même la possession d’appareils à impulsion électrique (tasers) ou de dispositifs incapacitants (bombe aérosol au poivre ou pulvérisateur d’autodéfense) est interdite à Maurice. Ces produits sont pourtant en vente libre dans de nombreux pays.

Nous avons un marché légal excessivement bien réglementé à côté de lieux secrets où des échanges illicites foisonnent, semble-t-il. C’est aux douaniers et aux policiers de pénétrer l’obscurité de ces marchés noirs.

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