Une affaire embarrassante

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C’est un scandale qui survient à un moment où le centre financier mauricien se bat pour défendre sa réputation de place intègre. En effet, depuis quelques jours le nom de Maurice est mêlé à une fraude financière touchant plusieurs pays, allant de l’Inde à l’Italie en passant par la Grande-Bretagne et la Tunisie.

La connexion mauricienne est établie à la suite d’une investigation menée par des confrères du magazine India Today. Se faisant passer pour des investisseurs, ils ont rencontré à Maurice le directeur d’une société offshore, ML Administrators Ltd (MLAL). Le nom de celui-ci est apparu dans des documents saisis par la police en Inde.

Ce directeur, Shakil Fakeermahamod, croyant avoir affaire à des investisseurs, aurait décrit dans les détails un mécanisme d’évasion fiscale qui s’appuie sur la licence GBL 1 délivrée par la FSC. Il aurait également indiqué à ses interlocuteurs la voie pour le blanchiment d’avoirs provenant de la corruption.

Prenant conscience des retombées négatives pour Maurice de l’agitation médiatique suscitée par cette confidence, la FSC a réagi dès hier. Le régulateur a émis un communiqué pour annoncer des mesures drastiques. Il a donné des instructions à la société MLAL de suspendre le directeur incriminé immédiatement. Une enquête a été initiée.

La rapidité avec laquelle la FSC a agi indique que les autorités sont très sensibles à tout ce qui peut porter préjudice à l’image de Maurice comme un centre offshore qui pratique des activités de «substance».

À l’origine de ce développement, il y a une grosse affaire de corruption qui défraye la chronique en Inde depuis des semaines. C’est précisément en enquêtant sur cette fraude que des journalistes indiens ont atterri chez nous la semaine dernière.

Des dirigeants du Parti du Congrès indien et des fonctionnaires de la Défense sont soupçonnés d’avoir encaissé, en 2004, plus d’un milliard de roupies de pots-de-vin d’un constructeur d’hélicoptères, la firme italienne AgustaWestland.

Maurice a été utilisée comme un relais dans un circuit extrêmement complexe qui avait été élaboré pour transférer de fortes sommes illicites en Inde. Condamnant le n°1 de la firme italienne, le tribunal de Milan affirmait dans un jugement rendu le mois dernier que «the money used for this purpose, the amounts (were) transferred to accounts in Mauritius Islands…».

Cette affaire renforce la conviction qu’il faut déployer une vigilance à toute épreuve pour se prémunir contre les blanchisseurs d’argent d’origine criminelle qui se servent de nombreux points de passage pour masquer leurs agissements illégaux. Leurs acrobaties financières donneraient le vertige même au régulateur le plus efficace du monde.

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