Les hommes du sérail

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Plus ça change, plus c’est la même chose, est-on tenté de dire à propos de la composition de l’Equal Opportunities Commission. Voilà une institution qui doit absolument être au-dessus de tout soupçon pour opérer efficacement mais qui sera, une fois de plus, perçue comme étant mêlée à des jeux politiques.

Un des assesseurs de la nouvelle commission, Guneshwar Shibchurn, est activement engagé en politique. Il préside un comité régional du MSM.

Quant au nº1 de la commission, Khalid Tegally, il a longtemps côtoyé les coulisses de la politique. Élu député du MMM dans une circonscription de la capitale en 1983, il abandonne la politique active en 1987 mais développe des affinités avec le MSM. Au point que le bras de fer qui l’oppose à Rashid Hossen en 2004 pour la présidence du Tribunal d’arbitrage permanent est ouvertement qualifié de duel entre le MSM et le MMM.

Ainsi, le renouvellement de la commission n’a pas été utilisé pour marquer le tournant de la bonne gouvernance annoncé en décembre 2014. Le gouvernement a manqué l’occasion d’instaurer une nouvelle culture politique pouvant rétablir la confiance des citoyens dans les institutions.

L’ancienne commission présentait une configuration à peine différente. Un des assesseurs d’alors a même bénéficié d’une investiture travailliste aux dernières législatives. Il s’agit de Danisha Sornum, candidate du PTr dans la circonscription de Beau-Bassin–Petite-Rivière.

L’ex-président de l’EOC, Brian Glover, avait également un pied dans la politique. Dans une interview accordée à l’express en août 2013, il révélait qu’il y a une «forte possibilité» qu’il se porte candidat en 2015. Puis, interrogé sur sa préférence partisane, il concède : «Je me sens plus d’affinités avec la personnalité de Ramgoolam.». En décembre 2014, toujours dans l’express, il se montre plus explicite : «Je n’ai jamais caché mon intérêt pour la chose politique, ni mes affinités pour le Parti travailliste.»

Dans l’exercice de ses anciennes fonctions, Brian Glover a sans doute respecté les principes d’équité. Il n’a jamais été accusé de prendre des décisions en fonction de considérations partisanes. Mais il n’empêche que, s’agissant des tribunaux – ou de l’EOC – il est crucial d’assurer non seulement l’indépendance des institutions mais également une perception d’indépendance.

De même, il est inapproprié, à ce stade, d’instruire un procès d’intention aux nouveaux membres de la commission. Disons tout simplement qu’en l’absence de gages de neutralité, la méfiance sera de mise.

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