Secousses internes

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Ce sera un 1er mai assez particulier. On pouvait penser que la majorité politique, essoufflée, sera facilement mise KO lors de la bataille des foules qui aura lieu à l’occasion de la fête du Travail. Mais ses adversaires, encore groggy, ne vont même pas monter sur le ring.

Le leader du PTr, Navin Ramgoolam, a annoncé hier, à l’issue de la réunion de son bureau politique, que son parti ne tiendra pas de meeting le 1er mai prochain. Dans un premier temps, le parti avait exprimé son intention d’organiser un rassemblement dans la capitale.

De même, le MMM, après avoir rejeté l’idée de mobiliser ses partisans à la Place Edouard Vll, a envisagé de convoquer une assemblée de délégués avant de se résigner finalement à organiser une modeste journée de réflexion en famille.

Toutefois, les dirigeants de l’Alliance Lepep auront tort de se réjouir du refus de ses challengers de livrer le combat. À défaut d’opposants officiels, l’alliance au pouvoir sera confrontée à des secousses internes. Sa propre estrade risque de se transformer en un lieu de pugilat entre frères ennemis.

La naissance de cette opposition interne au sein de la majorité était un phénomène prévisible. Car un vide a été créé à la suite de la difficulté du PTr et du MMM de remonter la pente. Depuis leur revers électoral de décembre 2014, les leaders des deux partis peinent à inverser la courbe. L’un a perdu sa respectabilité auprès de l’opinion, l’autre sa crédibilité.

Entre-temps, ce sont des rivalités internes et des dissensions qui vont miner la majorité politique. Il y a des actes extrêmes, comme l’affidavit déposé par Vishnu Lutchmeenaraidoo contre Roshi Bhadain, mais il y a également des luttes plus sournoises entre les différents clans qui émergent au sein du MSM.

On peut mesurer l’antagonisme qui règne entre les notables de l’équipe orange à travers les propos belliqueux de l’ex-ministre Dayal, actuellement en délicatesse avec la loi. Dans l’interview qu’il a accordée à l’express samedi dernier, il allègue qu’entre son départ de l’ICAC et la décision de l’arrêter, il y a eu probablement «un coup de fil entre deux personnes qui ont des liens de parenté et qui partagent des passions obscures et machiavéliques». L’allusion à Roshi Bhadain est à peine voilée.

Face à une opposition solide, les membres du gouvernement se serrent généralement les coudes. Mais devant la déliquescence de l’opposition, la majorité se fissure et génère une opposition interne. La politique, comme la nature, a horreur du vide.

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