Question de vie ou de mort

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C’est un scandale caché. Jusqu’ici ce sont surtout les cas allégués de versements occultes, de pots-de-vin payés à des politiciens et de manquement aux procédures dans l’octroi de contrat aux entreprises étrangères qui ont défrayé la chronique. Désormais, d’autres pratiques tout autant pernicieuses mais qui n’ont pas eu le même impact commencent à faire débat. Parmi elles, on peut ranger le versement d’une somme colossale à des consultants de Singapour pour une étude qui n’a jamais eu de suite.

C’est le ministre des Services publics, Ivan Collendavelloo, qui en a fait état mardi au Parlement. Il a révélé que des honoraires faramineux de Rs 1 milliard ont été versés aux consultants de la Singapore Cooperation Enterprise sans que cela n’aboutisse à aucun résultat concret.

Ces études avaient pour objectif de proposer un plan de gestion durable de l’eau disponible à Maurice. Ces spécialistes étaient chargés d’élaborer un modèle pour la privatisation de la CWA. Le ministre Collendavelloo n’a pas indiqué si le rapport est encore dans son emballage d’origine ou s’il a été étudié par ses commanditaires. Toujours est-il qu’aucune action n’a été initiée à l’issue de cette réflexion d’experts.

Il est vrai qu’une action concrète a été entreprise sous l’ancien gouvernement dans le secteur de l’eau. Une équipe d’experts singapouriens avait eu la responsabilité d’exécuter un plan pour la détection et la réduction de fuites dans le réseau de distribution d’eau. Cette tâche était utile étant donné la vétusté des canalisations, qui datent de l’époque française dans certaines régions. Cependant, personne ne nous a dit si le taux de fuites a effectivement été réduit à l’achèvement des travaux qui ont tout de même englouti quelques centaines de millions de roupies d’argent public.

Le pays a perdu beaucoup trop de temps et d’argent en termes d’études et de projets d’efficacité douteuse. Il y a aussi le retard causé par le barrage de Bagatelle, construit sur un site poreux et où les fissures sont apparues, au grand dam des citoyens. Ce chantier a mobilisé près de Rs 6 milliards.

Ivan Collendavelloo exagère à peine quand il dit que c’est une question de vie ou de mort. Nous parlons ici du droit d’accès à l’eau pour les générations futures.

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