Manque de tolérance

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Il y a un aspect de l’affaire Fowdar qui mérite notre attention. Il s’agit de la marge d’indépendance dont dispose un élu de la majorité vis-à-vis du pouvoir exécutif. Une marge qui est bien étroite si l’on en juge par le traitement que le ML inflige au député Sangeet Fowdar depuis qu’il a exprimé son mécontentement concernant quelques actions gouvernementales.

En guise de riposte, son parti l’a suspendu avant de le placer devant un ultimatum humiliant. Il devait se rétracter publiquement sous peine d’être expulsé de son parti. Il a estimé que cette condition est inacceptable. Par conséquent, la sentence est tombée, lundi, comme un couperet : son leader lui a indiqué la porte de sortie.

À l’origine du conflit se trouvent des critiques adressées par le député de Grand-Baie–Poudre-d’Or au gouvernement. Il s’est élevé, lors d’une interview accordée à Radio Plus, contre les recrutements effectués par la nouvelle majorité. Il n’a pas apprécié, non plus, l’argument de son leader selon lequel la discrimination en faveur des habitants des circonscriptions 19 et 20 était justifiée car ceux-ci étaient pénalisés sous l’ancien gouvernement. Il a également dénoncé le manque de progrès sur certains dossiers dont l’économie océanique.

Fowdar a fait montre d’une témérité que le système politique mauricien tolère mal. Un élu de la majorité qui a une opinion qui déplaît aux princes n’a pas beaucoup d’options. Soit il se tait soit il accepte de sacrifier sa carrière politique.

Il est légitime qu’un leader de la majorité sanctionne un député qui ne respecte pas une consigne donnée pour un vote crucial pour le gouvernement. Mais expulser un membre de son parti parce qu’il a exprimé des propos critiques pendant une émission de radio est un acte grave.

La posture du leader du ML, Ivan Collendavelloo, est surprenante en la circonstance. Ce même dirigeant, en rompant avec son ancien parti, avait avancé pour motif la dictature du leader et l’absence de démocratie interne. Il reprochait, non sans raison, à Paul Bérenger d’avoir verrouillé les instances du MMM. Son comportement à la tête du ML n’est guère plus démocratique.

Au coeur du problème se trouve la liberté de parole d’un politicien. Un citoyen cède-t-il sa liberté dès qu’il demande sa carte de parti ?

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